Même si l’année 2025 n’est pas encore clôturée, les chiffres communiqués à la Chambre par le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) indiquent une tendance très nette : le nombre d’interdictions de conduire et de retraits immédiats de permis a déjà dépassé celui de 2024.
Ainsi, entre le 1er janvier et le 30 septembre 2025, 37.445 interdictions temporaires de conduire ou retraits immédiats ont été enregistrés dans la base de données nationale Mercurius LDU. Pour la comparaison, l’ensemble de l’année 2024 avait totalisé 36.732 cas et 2023, 31.304. En intégrant le dernier trimestre de l’année 2025, on approchera donc dangereusement les 50.000 cas.
Il faut noter que cette comptabilité concerne aussi bien les interdictions de courte durée – de deux à douze heures, principalement dans les cas de consommation d’alcool – que les retraits immédiats de quinze jours, souvent prélude à une comparution devant le juge. Et ces résultats sont normaux : les sanctions tombent plus vite, plus souvent et pour des catégories d’infractions élargies.
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Des règles plus strictes
Cette évolution n’a rien d’un hasard. En effet, on sait que de plus en plus de parquets appliquent la tolérance zéro, notamment pour l’usage du téléphone portable au volant. C’est un changement par rapport à il y a quelques années où ce comportement passait au second plan, probablement aussi parce qu’elle était complexe à détecter. Mais aujourd’hui, les automobilistes utilisent leur téléphone sans complexe, ce qui rend les choses aussi beaucoup plus faciles pour les forces de l’ordre.
Autre changement important : dans plusieurs arrondissements judiciaires, spécialement en Flandre, le retrait immédiat du permis est désormais prononcé dès 0,8 g/l d’alcool dans le sang, contre 1,14 g auparavant. Une pratique appelée à s’étendre à l’ensemble du territoire. Les marges de tolérance se réduisent et l’impact est donc directement visible.
Mais tout ceci ne serait pas possible sans les améliorations des infrastructures digitales belges et notamment celle de la base de données Mercurius qui est aujourd’hui mise à jour en temps réel : lorsqu’un conducteur est sanctionné, l’information est immédiatement accessible à toutes les zones de police. Résultat : un automobiliste contrôlé à plusieurs reprises dans un court laps de temps ne pourra plus passer entre les mailles du filet.
Contrôles ciblés
Toujours selon les données présentées par Bernard Quintin, 210.518 consultations de la base Mercurius ont été effectuées par les forces de l’ordre entre janvier et septembre 2025. Dans 24.626 cas, le contrôle a révélé une situation irrégulière. C’est 11% des conducteurs contrôlés, soit plus d’un sur dix. Il faut rappeler que ce taux était encore de 7 à 8% en 2023 et 2024 et autour de 5% quelques années plus tôt. L’augmentation constatée ne traduit donc pas uniquement une croissance des infractions, mais aussi une optimisation des contrôles qui sont à la fois plus rapides et systématiques grâce aux technologies.
Cette intensification des contrôles se vérifie également lors des opérations coup de poing. Exemple : lors du 21e « Week-end sans alcool ni drogue au volant » pendant lequel les services de police ont procédé à 81.895 tests d'alcoolémie. Au bilan, 0,91% des conducteurs ont été testés positifs et 356 permis de conduire ont fait l’objet d’un retrait immédiat. En 2026, le permis de conduire des automobilistes belges n’a jamais été aussi conditionnel. La question n’est plus seulement de savoir si l’on respecte la loi, mais si l’on peut encore se permettre le moindre écart. Et c’est manifestement ce qui va se produire avec les mesures que le gouvernement entend mettre en place via les caméras ANPR notamment...
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