La Belgique passe à la vitesse supérieure pour ce qui touche aux contrôles routiers automatisés. Comme c’est le cas en France ou aux Pays-Bas, les autorités belges ont choisi d’investissement massivement dans les radars routiers. Officiellement, c’est au profit de la sécurité routière. L’objectif est en effet de réduire le nombre de tués sur les routes et les contrôles sont un moyen d’y parvenir. Sauf que les choses sont plus complexes dans la réalité, car la vitesse n’est pas la seule responsable des accidents graves, loin de là. En outre, il n’a pas échappé au gouvernement que les radars routiers sont aussi d’excellents contributeurs au budget annuel : l’an dernier, ceux-ci ont en effet rapporté 576,8 millions d’euros, un chiffre en constante augmentation ces dernières années.
Mais concrètement, qu’est-ce qui est autorisé ou non avec les radars routiers ? Peut-on être flashé de face, que peut faire la police légalement et que nous réservent les autorités d’ici peu. Petit tour de la question.
Flashé de face ?
Parmi les questions fréquemment posées, beaucoup d’automobilistes se posent la question de savoir si on peut être flashé de face ? En réalité, la loi belge n’indique pas quelle plaque doit être prise en photo. On pense dès lors souvent à tort que c’est uniquement la plaque arrière, l’officielle, qui est recevable légalement. Ça a été vrai, mais il y a un certain temps déjà. Selon VIAS interrogé par SudInfo récemment, un arrêté royal publié en 2010 supprime cette notion exclusive de plaque arrière. Il n’y a donc plus à discuter : on peut-être flashé tant depuis l’avant que depuis l’arrière. Et l’argument comme quoi le conducteur pourrait être aveuglé par le flash ne tient plus puisqu’aujourd’hui plus aucun appareil n’utilise de flash. Les technologies infrarouge et bientôt laser suffisent amplement...
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Flashé depuis un terrain privé ?
Autre interrogation : la police peut-elle opérer depuis un terrain privé ? En fait, rien ne l’en empêche à partir du moment où le propriétaire donne son accord. Ces utilisations de terrains privés sont monnaie courante, notamment pour des contrôles anti-alcool ou antidrogue, car ils sont pratiques pour arrêter et contrôler les conducteurs plus en profondeur.
Dans le même ordre d’idées, la police peut-elle aussi utiliser les bandes d’arrêt d’urgence ou encore les espaces sur les bernes centrales pour flasher ? Car ces espaces sont soit interdits (bernes centrales) soit très règlementés (bande d’arrêt d’urgence). Et là aussi, la réponse est oui. La loi stipule en effet que la police ne doit pas suivre les règles du Code de la route dans le cadre de ses missions. En résumé : c’est parfaitement légal et il n’y a pas de contestation possible.
Les caméras ANPR et la vie privée
Vaste sujet que les caméras ANPR dont les fonctionnalités sont de plus en plus étendues. On les attend d’ailleurs bientôt pour la détection de l’usage des téléphones portables au volant, comme l’a annoncé le gouvernement Arizona. Cela dit, ce ne sera pas avant quelques mois, car la loi doit modifier autour de la protection de la vie privée et il faut garantir qu’aucune autre information que celle relative à l’usage du téléphone ne soit divulguée.
Cela dit, les caméras ANPR filment aussi dans les villes. Et détecte les infractions routières (sens unique, parkings, zones de basses émissions, etc.), mais elles captent aussi les images des piétons et des cyclistes et certains considèrent cela comme une atteinte à la vie privée. C’est la raison pour laquelle de plus en plus d’opérateurs de ces caméras floutent automatiquement les visages des personnes pour ne conserver que les plaques d’immatriculation.
Quelle fiabilité pour les radars ?
Les radars sont-ils fiables ? En théorie oui et ils font d’ailleurs l’objet d’homologation, mais aussi de vérifications à intervalles réguliers. Ces données de conformité du radar sont d’ailleurs reprises sur le PV, lorsqu’on en reçoit un.
Cela dit, les radars ne se trompent-ils parfois pas ? Ne s’est-on pas fait verbaliser à tort, alors qu’un véhicule nous dépassait par la droite par exemple ? En fait, les erreurs peuvent arriver, mais elles sont très rares. En effet, les radars qui n’utilisent plus qu’une seule bande de fréquence ne représentent plus que 10 ou 15% du parc de radars de la police belge. La majorité des appareils utilisent plusieurs bandes de fréquences qui permettent justement de distinguer les vitesses de plusieurs véhicules en même temps. Cela peut aller jusqu’à 6 bandes de circulation différentes. Pour les radars plus anciens, il existe toujours un contrôle manuel humain par des agents aguerris.
Il faut noter qu’en théorie, on flashe partout pareil en Belgique, car les marges de tolérance ont été uniformisées, en tous cas au niveau national et régional. Elle est de
6 km/h pour les vitesses jusqu’à 100 km/h et de 6% au-delà. Sur autoroute, on sera donc flashé automatiquement à partir d’une vitesse réelle de 129 km/h. À noter que, parfois, des opérations « tolérance zéro » sont organisées. Ce qui fait qu’à 121 km/h, c’est déjà un kilomètre/heure de trop.
Assistant oui, détecteur non
En Belgique, l’utilisation de détecteurs de radars est strictement interdite. Par détecteur, on entend des systèmes actifs. En revanche, les appareils de type Coyote ou les applications comme Waze ne sont pas interdits, car ils ne détectent pas activement les radars, mais basent leurs alertes sur un partage d’informations.
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