Apparue en 1998, la Bentley Arnage incarne la transition entre l’ère Vickers et le rachat par Volkswagen. Avec son cuir Connolly à perte de vue, ses boiseries artisanales et son allure de forteresse britannique, elle ne semble rien avoir perdu de sa classe ! Aujourd’hui, on en trouve à partir de 30.000 €. À ce prix-là, on pourrait imaginer un petit financement pour déposer les enfants en Bentley, ce qui a tout de même plus d’allure qu’en SUV du segment B ! Bien entendu, les ultimes versions réclament un solide supplément : comptez plus de 70.000 euros pour une très belle Arnage T des derniers millésimes !
Choisir son camp : Green Label ou Red Label ?
C’est la première question à se poser. Les premières versions, que l’on appelle les Green Label, utilisent un V8 4,4 litres d’origine BMW. Plus moderne et réputé plus fiable, il fut rapidement dénigré par la clientèle, qui voulait voir revenir l’historique V8 de 6,75 l, né dans les années 50 ! Après d’importants travaux pour remettre cette vénérable mécanique au goût du jour et faire en sorte qu’elle puisse être glissée sous le capot de l’Arnage, Bentley présente la Red Label. Ne dépassant guère les 4.500 tr/min, ce V8 préhistorique offre en revanche un couple monstrueux. Pour les puristes, c’est la vraie Bentley ! Mais c’est aussi, et de loin, la plus chère à entretenir… La puissance ? De 354 chevaux pour la Green Label à 507 chevaux pour les dernières Arnage T !
L’entretien courant : le prix de l’excellence
Bien entendu, oubliez les centres autos génériques ! Pour une Arnage, il faut obligatoirement passer par la case « spécialiste » ou « concession ». Et les tarifs grimpent rapidement : une révision « simple » (vidange, filtres, contrôles de sécurité…) qui doit être effectuée tous les 10.000 miles (16.000 km), coûte entre 1.200 € et 2.000 € ! Heureusement, pour la révision complète, l’intervalle est assez espacé, la mécanique étant vraiment solide... Mais la facture est à la hauteur de l’événement : entre 3.000 et 5.000 euros, pour remplacer tous les fluides et effectuer un contrôle général…
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Des trains roulants qui souffrent
Vu les caractéristiques du bestiau, 2,6 tonnes et près de 290 km/h pour les ultimes versions, on comprend facilement pourquoi les trains roulants s’usent aussi rapidement ! Silentblocs, triangles de suspension, pneus, freins, voire barres stabilisatrices : ces éléments doivent être remplacés à intervalles réguliers. On parle de 500 à 800 euros pour la paire de disques, de 1.000 à 1.200 euros pour un train de pneus et, cerise sur le gâteau, le taux horaire dépasse allègrement les 150 euros HT ! Bien entendu, chaque pièce, de la simple sonde au filtre à air spécifique, est affichée à un prix « Bentley »…
Le « gros morceau » : les joints de culasse et les accumulateurs
Le point faible de l’Arnage, et plus particulièrement de la Red Label d’avant 2002, reste sans conteste les joints de culasse. Une réfection complète peut grimper jusqu’à 8.000 ou 10.000 euros. Heureusement, les modèles ultérieurs, ainsi que le moteur BMW, ne posent guère de problèmes. Les boîtes de vitesses, automatiques à 4, 5 ou 6 rapports suivant la version, sont également très endurantes.
L’autre point de vigilance concerne le système hydraulique de suspension et de freinage. L’Arnage utilise des accumulateurs de pression pour gérer son assiette. L’accumulateur en soi n’est pas très cher, une centaine d’euros environ, mais le remplacement de toutes les unités fait rapidement grimper la facture. Comptez évidemment un minimum de trois zéros, le premier chiffre étant directement proportionnel à l’ampleur du désastre !
L’électronique et les détails cosmétiques
Les Bentley des années 2000 commencent à souffrir de caprices électriques, comme les lève-vitres arrière qui refusent de s’ouvrir. Le prix ? Un demi-millier d’euros pour le moteur, au grand minimum… Bien entendu, d’autres surprises peuvent survenir : moteurs de sièges électriques fatigués ou capteurs de stationnement défaillants… Chaque intervention nécessite souvent le démontage d’une partie de l’habitacle ! À ce sujet, les matériaux sont de superbe qualité, mais il faut absolument les soigner : pensez, par exemple, à nourrir le cuir tous les ans !
Le bilan : quel budget annuel ?
En lissant les coûts sur cinq ans, en incluant donc les petites et grandes révisions, les pneus, les freins, l’assurance et les petites pannes, il faut tabler sur un budget moyen de 4.000 € à 8.000 € par an. Et c’est indispensable : une Bentley sans carnet d’entretien à jour ou avec des voyants allumés subit une décote brutale, pouvant dépasser les 15.000 euros !
Notre choix ? Tout dépend de votre budget : la Green Label au V8 BMW permet de contenir les coûts… Mais les dernières Arnage T sont tout simplement phénoménales ! Entre les deux, le budget ira du simple au double…
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