Tout le monde a retenu les 42,9 millions de dollars de la Cobra Daytona. Mais le vrai bulletin de santé du marché, il est aussi dans la colonne d’à côté : celle des lots restés sur le carreau ! Et on parle de quelques dizaines de voitures sur plusieurs centaines…
Les stars
On en a parlé, parce que c’est exceptionnel et que l’on n’attendait pas deux mamys des années 60 à pareille fête : une Shelby Cobra Daytona Coupe de 1964 a signé 42.905.000 dollars chez Gooding Christie’s, record absolu pour une voiture américaine. Autre starlette américaine des sixties : une Corvette Grand Sport de 1963 a atteint 18,7 millions de dollars. Bien sûr, les supercars et les hypercars plus récentes ont battu des records : la McLaren F1 GTR de Nick Mason a fait 34.655.000 dollars chez RM Sotheby’s, record de la marque, une Ferrari Daytona SP3 17,825 millions et une F50 14,575 millions chez Mecum.
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Le gros raté : 11,75 millions, ça ne suffit pas !
C’était l’une des grandes stars. Probablement l’une des Aston Martin les plus désirables de tous les temps. Elle avait tout pour elle : un dessin mythique, un historique parfait, 19 exemplaires seulement, un moteur « matching numbers », une restauration récompensée à Pebble Beach et même un pedigree en compétition ! Cette Aston Martin DB4 GT Zagato de 1962 présentée par RM Sotheby’s portait d’ailleurs l’une des plus grosses estimations de toute la semaine : 12 à 15 millions de dollars. Les enchères se sont finalement arrêtées à 11.750.000 dollars. Réserve non atteinte. La voiture est repartie sur son camion !
Après la 250 GTO qui a déçu voici quelques mois, voici une autre grande star des années 60 qui prouve, une fois de plus, la petite forme du marché des voitures des Trente Glorieuses.
L’avant-guerre décroche pour de bon
Le segment qui souffre le plus ne fait plus les gros titres depuis longtemps. Les voitures d’avant-guerre sont de superbes automobiles, d’une qualité de construction souvent épatante et présentant de nobles matériaux. Ce sont aussi, sans conteste, les voitures les plus dépaysantes à conduire aux allures légales. Et pourtant, elles se vendent franchement difficilement, surtout si elles arborent une carrosserie fermée. On a souvent parlé du transfert générationnel et cette édition le prouve encore !
Chez RM, une Talbot-Lago T150-C SS de 1938 n’a pas trouvé preneur, les enchères s’arrêtant à 6 millions de dollars pour une estimation de 7 à 8 millions. Chez Gooding Christie’s, la liste des recalés dit aussi beaucoup : Cadillac V-16 Series 452D de 1934, Bentley 4½ Litre Supercharged « Blower » de 1931, ainsi que deux stars de l’après-guerre, les Cunningham C-3 de 1952 et Mercedes-Benz 300 Sc de 1956.
Le seul segment d’avant-guerre qui semble encore tenir, ce sont les pièces à palmarès ou à provenance spectaculaire. Voilà qui pourrait expliquer le résultat de la Duesenberg Model JN de Clark Gable, vendue 9,08 millions de dollars chez RM, au-dessus de son estimation haute de 8 millions !
La Ferrari « normale » ne passe-t-elle plus ?
Voilà le contraste le plus parlant de Monterey 2026 ! Sept Ferrari dans le top 10 de RM Sotheby’s, pour plus de 107 millions de dollars. Et pendant ce temps, chez Gooding, une Ferrari 250 GT Coupé Pinin Farina de 1960 et une Dino 246 GTS de 1973 restent invendues. La première est d’ailleurs désormais proposée à 450.000 dollars et la seconde à 725.000 dollars. Chez Broad Arrow, c’est une 275 GTB/4 de 1967 qui est restée sur le carreau, avec une estimation de 3,2 à 3,5 millions de dollars.
Et lorgnez sur les annonces : les prix des Ferrari 330 GTC, 365 GTB/4 Daytona et autres 365 GT 2+2 baissent à vue d’œil ! Alors oui, ce ne sont pas des voitures rares et elles parlent à une génération qui quitte progressivement le marché, comme nous l’expliquait Xavier Molenaar d’Oldtimerfarm. Face à elles, les Ferrari hypersportives récentes ou, mieux encore, les Big Five, font nettement plus rêver.
Bon, soyons honnêtes, ce n’est pas un marché qui s’écroule, mais un marché à plusieurs vitesses devenu impitoyablement sélectif. L’exceptionnel se paie plus cher que jamais ! Mais le reste demande parfois un peu plus d’attention… Même quand il paraît sublime aux yeux du quidam !
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