Au dernier Salon de Pékin la semaine dernière, le contraste a été saisissant : alors que les marques chinoises dévoilaient une batterie de voitures au look et aux contenus futuristes prêtes pour la production à grande échelle, les constructeurs occidentaux ont, eux, choisi de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur. C’était même visible chez BMW et Mercedes qui exposaient des ancêtres sur leur stand respectif. Étonnant. Et cette approche rétro est aussi celle qui est adoptée par le Japonais Nissan qui tente désormais de relancer des modèles à consonance historique comme le prévoit son plan de redressement « Re:Nissan », puisque la marque connaît d’importantes difficultés financières.
Une identité plus affirmée
Il est vrai que Nissan a connu des jours meilleurs. La marque a vu ses parts de marché reculer sensiblement dans plusieurs régions du monde. C’est ce qui l’a amenée à supprimer onze modèles dans le monde dans le cadre de sa restructuration. D’autres décisions douloureuses ont été prises, comme la fermeture de certaines usines. Dans ce contexte, le plan Re:Nissan tente de remédier à la situation en réduisant la gamme et, surtout, en dotant chaque modèle d'une identité et d'une vocation plus univoques.
Certes on peut en débattre. Car la renaissance de la Micra se fonde en réalité sur l’existence de la Renault 5 E-Tech, ce qui rend peu défendable l’idée d'un ADN unique. Cela dit, ce qui est enclenché, c’est le retour d’appellations très connues du grand public pour les nouveaux modèles. Et après la Micra, un deuxième modèle suit cette même logique : le Terrano qui a été dévoilé au salon de Pékin. Le retour de ce nom est un vrai signal, car il vise à replacer Nissan sur la liste des acheteurs qui apprécient l’aventure et les capacités en tout-terrain. Il faut rappeler que la marque a jadis brillé dans ce registre – comme avec le Patrol –, avant de céder aux sirènes des SUV beaucoup plus lisses.
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Vive les années nonante
Que les choses soient claires : le nouveau Terrano n'est pas un crossover déguisé en offroader. Il s'agit certes encore d'un concept, mais toutes les marques visuelles d’un véhicule conçu sur un châssis échelle sont bien là. Une vraie bête de somme donc. On notera que le nouveau Terrano semble aussi plus imposant que celui des années 1990.
Le design ne laisse aucun doute sur la vocation de l’engin : la garde au sol est généreuse, les flancs sont droits, les élargisseurs d'ailes imposants. On trouve aussi des projecteurs auxiliaires sur le capot et une galerie de toit avec échelle latérale. Enfin, la roue de secours est montée sur le portillon du coffre, ce qui ne se voit presque plus. Avec tous ces éléments, le clin d'œil aux 4x4 d’antan est des plus appuyés. L’habitacle n’a quant à lui pas encore été dévoilé.
Techniquement, Nissan a toutefois confirmé qu'une motorisation hybride rechargeable se cache sous le capot. Mais nous ne disposons d’aucun détail. L’intention est probablement sérieuse. La marque annonce également que la version de production sera présentée endéans les douze mois. On imagine que pour réduire les coûts, la base technique sera celle du Frontier Pro PHEV, le premier pick-up plug-in hybride de Nissan né de la coentreprise Dongfeng-Nissan en Chine.
En Europe ? La chance n’est pas nulle
On ne va pas le cacher : ce serait une belle surprise si le modèle débarquait aussi en Europe. Cette introduction pourrait en effet faire contrepoids face au Ford Bronco ou encore à la baby-G-Klasse, voire même au tout-terrain de BMW qui est toujours dans les cartons. Manifestement, de plus en plus de constructeurs identifient à nouveau des débouchés dans la catégorie des véhicules offroad. Le CEO de Nissan, Ivan Espinosa, confirme que la version de production du Terrano sera destinée à « des marchés mondiaux soigneusement sélectionnés ». Il n’est pas certain à ce stade que ce véhicule rejoigne l’offre européenne de Nissan. C’est même assez peu probable. Une commercialisation sur le vieux continent dépendra en réalité du succès du plan de redressement de Nissan et des budgets disponibles pour couvrir les coûts d'homologation. Mais ne dit-on pas qu’il ne faut jamais dire jamais ?
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