Depuis fin février et le déclenchement du conflit en Iran, le prix du baril de Brent a bondi de plus de 40% sur les marchés pour franchir la barre des 100 dollars. À la pompe belge, l’impact a été très rapide : le litre de Diesel atteint aujourd’hui 2,29 euros le litre selon les tarifs officiels du SPF Économie. Depuis novembre 2023, ce prix est inédit, mais, malheureusement, il ne pourrait aussi n’être qu’une étape...
La banque d'investissement australienne Macquarie Group a publié vendredi une note d'alerte : si le détroit d'Ormuz restait bloqué jusqu'en juin, le baril pourrait atteindre 200 dollars, soit 36% de plus que le record historique de 147,5 dollars de 2008. Ce scénario est jugé probable à 40% par les experts si la guerre perdure jusqu’en juin 2026. L’autre scénario avec une probabilité de 60% est une fin du conflit et du blocage du détroit avant la fin du trimestre.
Oil may hit a record $200 a barrel if the Iran war drags on till June, with the Strait of Hormuz staying shut, Macquarie said https://t.co/zhSzDYtP0p
— Bloomberg (@business) March 27, 2026
Les taxes qui tuent
Pour mesurer concrètement ce que représenterait un baril à 200 dollars, il faut d'abord disséquer le prix actuel à la pompe. Un litre de Diesel vendu 2,29 euros en Belgique est composé de quatre variables selon Energia, la fédération multi-énergies : le prix du produit raffiné lié aux cotations de Rotterdam (environ 1,05 euro), la marge et les coûts de distribution (0,33 euro), les accises fédérales fixes (0,50 euro par litre, identiques pour l'essence et le Diesel) et la TVA de 21% appliquée sur l'ensemble de ces montants, accises comprises. Ce dernier point est important, car la Belgique taxe une taxe et la TVA qui joue le rôle d'amplificateur.
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Ormuz et les raffineries
À 200 dollars le baril, en retenant un euro stable à 1,15 dollar, le coût du brut en euros atteint environ 1,09 euro le litre avant raffinage. En appliquant le ratio actuellement observé entre prix du brut et prix ex-raffinerie (qui intègre les frais de raffinage, le transport et les marges des produits finis), la composante « produit » du Diesel grimperait à environ 1,83 euro. Lorsqu’on ajoute les 0,84 euro cumulés de charges fixes (accises, marge, Apetra) et la TVA calculée sur ce nouvel ensemble, le litre de Diesel atteint environ 3,24 euros TTC. Le litre d'essence 95 E10 avoisinerait, lui, les 2,50 euros.
Le scénario à 200 dollars ferait exploser les coûts d’usage. Avec une consommation de Diesel de 5,5 l/ 100 km, parcourir 100 km reviendrait à 17,82 euros et pour une voiture essence consommant 7 l/100 km, ça coûterait 17,50 euros, soit une augmentation de 5,23 et 4,46 euros par rapport à la situation actuelle. Intenable. Et la comparaison en coût d’utilisation avec la voiture électrique devient abyssale. Il y a d’ailleurs clairement des affaires à faire sur le marché de l’occasion.
Jackpot
Bien évidemment, cette situation rapporterait un maximum. En 2026, rien que les accises avaient rapporté plus de 6,16 milliards d’euros à l’État fédéral, un niveau jamais atteint auparavant. Pour rappel, le gouvernement étudie toujours l’application du cliquet inversé pour soulager le portefeuille des ménages. Mais jusqu’ici, les autorités disent observer et se préparer à intervenir au cas où. L’intention n’y est clairement pas. Et ça se comprend de leur point de vue puisque les prix actuels permettent de rentrer mensuellement 46 millions d’euros de plus dans les caisses.
Pour les experts de la banque Macquarie, le vrai déterminant reste le calendrier : chaque semaine supplémentaire de fermeture du détroit d'Ormuz retarde la normalisation du marché et creuse le choc sur l'ensemble de l'économie mondiale. On est encore loin du scénario catastrophe, mais vu les difficultés de Trump à sortir de la guerre, il devient chaque jour un peu plus réel...
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