Non, l’Europe n’est pas prête pour la mobilité électrique !

Le Centre sur la régulation en Europe (CERRE) est formel : l’Europe n’est pas encore prête pour une transition majeure vers les véhicules électriques. Mais pourquoi ?

Non, l’Europe n’est pas prête pour la mobilité électrique !

Le remplacement complet du parc automobile par des véhicules électriques aurait des effets importants sur le système électrique en Europe, avertit le Centre sur la régulation en Europe (CERRE) dans une étude publiée cette semaine. Ce groupe de réflexion indépendant basé à Bruxelles, constitué de régulateurs, d’entreprises et d’universités, tire en effet clairement la sonnette d’alarme : l’Europe n’est pas encore prête pour une transition majeure vers les véhicules électriques et les effets significatifs qu’elle engendrerait sur le système électrique.

Pics de demande

Le principal problème soulevé par cette électrification massive du parc automobile ? D’importants pics de demande en électricité l’après-midi et le soir, lorsque les usagers branchent leur voiture en rentrant du travail. Selon les experts, pour assurer un développement rapide des voitures électriques, il est dès lors essentiel de réguler le réseau électrique depuis l’échelle locale. Comment ? En favorisant les nouvelles technologies dites « intelligentes » permettant de gérer les problèmes de congestion sur le réseau électrique en répartissant les recharges dans le temps en fonction des besoins réels des utilisateurs.

Tarification variable

Selon Friðrik Már Baldursson, co-auteur du rapport, il faudra aussi adopter une tarification variable en fonction de l’offre et de la demande à un moment donné mais aussi de la situation dans un quartier ou même une rue spécifique. « Sans cela, l’augmentation du nombre de véhicules électriques nécessiterait des investissements substantiels et coûteux dans les réseaux de distribution et dans l’infrastructure électrique ».

Stockage intéressant

Si elle est bien gérée, cette situation « problématique » peut toutefois s’avérer bénéfique. La généralisation des véhicules électriques offre en effet d’énormes opportunités encore inexploitées selon le CERRE. « En moyenne, un véhicule personnel est garé 96% du temps. Imaginez une vaste quantité de véhicules électriques à l’arrêt, connectés au système électrique (…) Cela représente un potentiel de stockage d’énergie gigantesque et donc de flexibilité indispensable au réseau » souligne notamment Friðrik Már Baldursson. Reste à voir comment cette situation sera gérée par les instances politiques. Et quand un réseau électrique connecté et intelligent à grande échelle pourra réellement voir le jour…