Il y a quelques mois, l’annonce d’un nouveau quatre-cylindres de 2 litres chez Toyota avait suscité l’attention, notamment pour sa déclinaison de 400 ch embarquée dans le concept GR Yaris M-Concept à moteur central. À l’époque, les rumeurs évoquaient un potentiel allant jusqu’à 600 ch, mais on avait toutefois un doute sur la viabilité d’un tel niveau de puissance pour un moteur aussi compact. Aujourd’hui, les ingénieurs de Toyota lèvent l’ambiguïté : non seulement ce cap est atteignable, mais il le serait sans difficulté majeure. Comment ? En adoptant un turbocompresseur plus imposant.
Cette perspective replace naturellement ce moteur G20E dans une nouvelle catégorie, loin devant le déjà remarquable bloc trois cylindres 1.6 litre de 300 ch équipant les GR Yaris, GR Corolla ou encore la Lexus LBX Morizo RR. Ce nouveau moteur ne se veut pas seulement être une évolution, mais il marque une rupture technologique dans le monde du thermique haute performance.
Pensé pour l’extrême
L’annonce – ou plutôt la confirmation – de Toyota par rapport à ce moteur G20E montre surtout que, en coulisses, les constructeurs n’abandonnent absolument pas les moteurs thermiques et que l’électrique n’est donc pas envisagé comme la solution unique pour la mobilité individuelle de demain.
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Ce moteur 2 litres est conçu pour être installé aussi bien à l’avant qu’à l’arrière, en position longitudinale ou transversale et il s’annonce donc comme la pierre angulaire de la prochaine génération de sportives Gazoo Racing qui sont actuellement en gestation. La souplesse d’architecture permettrait en effet de le retrouver dans des modèles aussi variés qu’une prochaine GR Celica, que la prochaine Supra, qu’un prochain roadster MR ou même dans une nouvelle itération de la GR86 qui, pourquoi pas, pourrait toujours être construite avec Subaru. Mais en attendant, cette mécanique serait actuellement en phase de test dans la GR Yaris M ainsi que dans une Lexus IS de développement. Et il aurait livré des performances impressionnantes.
Et ce n’est pas fini : ce moteur 2 litres G20E est aussi évolutif. En effet, selon un ingénieur cité par Auto Motor und Sport, l’espacement entre les cylindres a été volontairement élargi pour permettre un réalésage important, ce qui autorise potentiellement de nouvelles déclinaisons encore plus puissantes. De ce fait, l’idée d’un successeur au mythique 6 cylindres 3 litres de la marque, le fameux « 2JZ », ne prend que plus de corps.
Une stratégie thermique assumée
Ce développement ne concerne pas que Toyota. En effet, il s’inscrit dans une démarche industrielle plus large et en cohésion avec Mazda et Subaru qui estiment nécessaire de prolonger la vie des moteurs thermiques via des technologies plus avancées. Par les temps qui courent, cette annonce retentit un peu bizarrement dans le contexte d’électrification à tout va des véhicules. Mais comme déjà exprimé plusieurs fois, Toyota ne croit pas à la voiture électrique qui, pour lui, ne représentera jamais plus de 30% de parts de marché et à long terme. Tout dépend sans doute de la région du monde dans laquelle on se trouve.
On attend donc de voir si et comment Toyota concrétisera ce moteur G20E. Mais s’il arrive bien sur le marché comme promis, il sera sans doute le moteur le plus puissance de sa catégorie, détrônant ainsi le 2 litres M139l de Mercedes-AMG (469 ch) ou encore celui de la Mitsubishi Lancer Evolution X FQ-440 MR (440 ch). Mais la seule vraie inconnue est de savoir si ce moteur pourrait être utilisé en Europe où les normes environnementales sont de plus en plus drastiques. S’agissant toutefois d’un moteur destiné aux voitures ultraperformantes, il n’est pas impossible qu’il soit alimenté par des carburants synthétiques neutres en carbone. Voire avec de l’hydrogène, comme Toyota le teste actuellement.
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