Avec 414.770 immatriculations de voitures neuves, 2025 a été une année moins bonne pour le marché automobile belge. Comment expliquez-vous cette évolution ?
« Le marché des particuliers s’en est relativement bien sorti. En 2025, les particuliers ont été à l’origine d’un surcroît de 2% d’immatriculations de voitures neuves. La baisse provient donc principalement du marché professionnel, qui enregistre un recul de 13%. Résultat : une baisse cumulée de 7,5% en 2025. Plusieurs raisons expliquent cela.
Ainsi, les sociétés de leasing ont prolongé la durée des contrats des véhicules de leurs clients. Cela est lié aux valeurs résiduelles des voitures électriques en baisse : les entreprises tentent donc d’amortir ces véhicules sur une période plus longue. Autrefois, cela se faisait sur quatre ans, mais aujourd’hui on évolue vers une durée de cinq voire six ans. Je ne vais pas non plus cacher que les voitures sont devenues plus chères ces dernières années, ce qui incite aussi les entreprises à conserver leurs véhicules plus longtemps. C’est une première explication structurelle de ce recul. Un deuxième élément est la conjoncture moins favorable avec une industrie en difficulté, ce qui engendre moins de recrutements. Cela a également un effet sur les commandes de nouvelles voitures. »
Quel rôle l’incertitude autour de la fiscalité des hybrides rechargeables a-t-elle joué ?
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« C’est presque une constante ces dernières années : nous passons d’une incertitude fiscale à l’autre. Les hybrides rechargeables en sont un bel exemple. Lors de la précédente législature, il était clair que les hybrides rechargeables suivraient la même trajectoire que les moteurs thermiques. Le nouveau gouvernement a voulu assouplir cette approche, mais la nature de cet ajustement a longtemps tardé à se préciser.
Finalement, il est apparu que seuls les indépendants pourront bénéficier de la fiscalité avantageuse pour les hybrides rechargeables à partir de 2026. Pour les sociétés, le doute a longtemps subsisté, ce qui a entraîné des reports de décisions. Maintenant que la législation est claire, j’ai confiance dans le fait que nous verrons un effet de rattrapage au début de 2026. »
Quels changements avez-vous observés sur le marché automobile en 2025 ?
« Le segment des SUV est de plus en plus présent ces dernières années et cette tendance se poursuit. Sur le marché professionnel, l’électrification progresse à un rythme soutenu, portée par la fiscalité avantageuse. Il faut noter un phénomène par ailleurs intéressant : de plus en plus de particuliers optent pour un utilitaire. En 2025, nous avons constaté une croissance de plus de 20% dans ce segment. Cela est probablement lié à la fiscalité plus favorable pour ces véhicules et au fait que l’on y trouve encore beaucoup de Diesel qui sont en voie de disparition du segment des voitures particulières. »
En 2026, il y a à nouveau une nouvelle édition du Salon de l’Auto de Bruxelles. Avec quelles différences par rapport à la dernière édition ?
« L’offre de voitures susceptible de correspondre au budget des particuliers sera étendue lors de ce Salon. Cette approche ne s’explique pas uniquement par l’arrivée de nouveaux acteurs chinois qui seront d’ailleurs encore plus nombreux au Salon. Les marques européennes et sud-coréennes répondent aussi à cette tendance et lancent des modèles plus abordables.
Les visiteurs pourront par ailleurs découvrirez de nombreuses marques absentes lors de la précédente édition. Nissan sera de retour tout comme Mitsubishi qui revient sur le marché belge. En outre, les motos seront aussi présentes, ce qui est intéressant pour les motards comme pour les amateurs.
Le Salon de Bruxelles reste aujourd’hui l’événement qui offre la vue la plus large sur le marché d’aujourd’hui. La combinaison d’autant de marques automobiles, de modèles utilitaires et de motos reste inégalée en Europe. De surcroît, Bruxelles propose de nombreuses premières, même des premières mondiales et plusieurs premières européennes. Le Salon sera aussi à nouveau le cadre de la finale de l’élection de la Voiture de l’Année (COTY 2026). En d’autres termes, il y aura énormément de nouveautés à découvrir. »
Qu’attendez-vous du marché automobile en 2026 ?
« Nous pensons que le marché connaîtra dans son ensemble une légère croissance en 2026, spécifiquement grâce aux particuliers. À un certain moment, les gens changent malgré tout de voiture. Après la crise de la Covid-19, les particuliers ont conservé leur voiture plus longtemps ou ont opté pour une occasion. Mais depuis, on constate un regain d’intérêt pour l’achat d’une voiture neuve. Même pour ceux qui veulent rouler en électrique, il existe des modèles plus abordables.
Ceux qui souhaitent une voiture à moteur thermique pourront par ailleurs rouler sans problème pendant les prochaines années, y compris dans les zones de basses émissions. Il faut savoir que cette incertitude a aussi pesé sur le marché. Sur le marché professionnel par contre, je m’attends davantage à un nouveau recul en 2026. »
À partir de 2026, les nouvelles voitures électriques devront également payer une taxe de mise en circulation (TMC) et une taxe de circulation en Flandre. Avec quel l’impact ?
« Personne n’aime payer des taxes, mais les conducteurs de véhicules électriques savent aussi qu’ils utilisent les routes et qu’une contribution est logique. Il s’agit aussi de montants minimaux. La différence avec une voiture thermique reste importante et elle le restera aussi dans les années à venir. Je ne pense donc pas que cela constitue un facteur décisif pour les automobilistes qui souhaitent rouler électrique. »
L’Europe a revu l’interdiction de la vente de nouvelles voitures à moteur thermique en 2035. Cela aura-t-il aussi un impact ?
« Soyons clairs : ce n’est pas un changement radical. À partir de 2035, il était prévu que l’industrie automobile ne vende que des voitures zéro émission neuves en Europe, donc des électriques. Mais l’Europe a rouvert un peu la porte. Par rapport à 2021, les émissions de CO₂ doivent diminuer de 90% d’ici 2035. Ça reste une réduction particulièrement importante et ça signifie que les marques automobiles devront toujours vendre des voitures zéro émission dans l’écrasante majorité des volumes. Nous suivons donc toujours la même trajectoire. Il n’y a par ailleurs aucune raison de penser qu’il y aura un changement en Belgique, notamment pour les voitures de société. Il est clair que les entreprises ne recommenceront pas à acheter des voitures essence ou Diesel. Ça n’arrivera pas.
Cela dit, dans certains segments, l’ajustement européen pourrait permettre de continuer à vendre des voitures à moteur thermique. Je pense surtout aux modèles sportifs où les conducteurs souhaitent continuer à rouler avec des moteurs à combustion. Ceux-ci seront probablement encore disponibles après 2035 avec des moteurs à carburants fossiles. Mais à cause de leur rareté, ils seront aussi plus chers. Une voiture à moteur thermique coûtera à terme plus cher qu’une voiture zéro émission. Pour le marché belge, je ne m’attends donc pas à de grands bouleversements. Le changement de cap de l’Europe n’est ni une révolution ni la promesse du retour des moteurs thermiques. Mais cela offre une marge de manœuvre pour certains segments. »
Par ailleurs, l’Europe réfléchit à une nouvelle catégorie de petites voitures électriques, les « e-cars ». Quel rôle pourraient-elles jouer en Belgique ?
« Il existe évidemment un marché pour cette catégorie en Belgique, même si on constate que dans notre pays les voitures sont en moyenne un peu plus grandes que les citadines. Ce segment peut donc se développer si les marques commencent à le promouvoir. Mais pour la Belgique, ce sera sans doute moins important que pour certains pays du sud, comme l’Italie ou l’Espagne, où les petites voitures sont plus populaires.
Les constructeurs automobiles examinent ce que les e-cars signifient concrètement. Quels modèles sont concernés ? Est-il nécessaire de développer des modèles spécifiques ? Les e-cars peuvent mesurer jusqu’à 4,2 m de long, doivent bien entendu être entièrement électriques et ne devront pas, durant les dix prochaines années, se conformer à d’éventuelles nouvelles obligations européennes en matière de sécurité. Elles devront toutefois respecter la législation actuelle en matière de sécurité. En outre, les e-cars pèseront davantage dans le calcul des émissions de CO₂ de la flotte des constructeurs. Il est également possible que les e-cars bénéficient d’un régime favorable en matière de stationnement ou d’accès aux villes. Mais cela dépendra plutôt de la politique locale et ces éléments ne sont pas encore connus. »
Enfin, comment pourriez-vous être satisfait du Salon de l’Auto 2026 ?
« Je le serai si nos exposants et nos visiteurs sont satisfaits. En 2025, 307.363 visiteurs se sont rendus au Salon et nous en attendons autant cette année. J’ai toute confiance dans le fait que les visiteurs ne seront pas déçus par ce qu’il y a à découvrir. Cette satisfaction dépendra bien sûr aussi du succès commercial du Salon. Les marques participent à l’événement pour mettre leurs produits sur le marché. En 2025, elles étaient très satisfaites des premiers mois de l’année et des ventes aux particuliers. Espérons que nous pourrons prolonger cette dynamique en 2026. Ce sera en tout cas un bel événement, particulièrement agréable à vivre. »
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