Catastrophe annoncée pour les routes belges après l’hiver : comment payer les réparations ?

Nids-de-poule, fissures, affaissements : inutile d’attendre la fin de l’hiver pour mesurer les dégâts du dernier épisode de froid et de neige. Nos routes sont déjà durement marquées. Si le gel persiste, le réseau pourrait encore se dégrader davantage dans les semaines à venir. Mais qui va payer les réparations ? Et, surtout, pourra-t-on les payer ?

Publié le 15 janvier 2026
Temps de lecture : 4 min

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Catastrophe annoncée pour les routes belges après l’hiver : comment payer les réparations ?

Chaque hiver, le scénario se répète : à peine quelques jours de gel prolongé suffisent à faire apparaître une multitude de dégradations sur le réseau routier. Sur tout le territoire, les appels pour des réparations d’urgence se multiplient et spécifiquement sur les voiries du réseau secondaire et communal où fissures et nids-de-poule atteignent souvent 10 à 15 cm de profondeur. Largement suffisant pour entraîner des dégâts sur un véhicule : destruction de pneus, casses de jante, dommages aux suspensions, etc. 

Le mécanisme de dégradations au revêtement est largement connu : l’eau infiltrée dans l’asphalte se dilate en gelant, ce qui exerce une pression qui disloque la couche supérieure du revêtement. Et, forcément, les destructions sont encore plus marquées lorsque l’entretien préventif n’a pas été réalisé à temps. Les microfissures doivent en effet être colmatées pour éviter qu’elles ne se transforment en brèches. Notons que l’impact du déneigement (l’épandage de sel) n’est pas déterminant pour la dégradation des routes. Et pour cause : s’il n’empêche pas l’infiltration, il retarde le moment de gel. Par contre, le sel est plus néfaste pour les carrosseries. 

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Des chaussées multicouches

Il faut savoir une chose : les dégâts hivernaux ne touchent pas l’ensemble de la structure de la route. Dans la majorité des cas, c’est la couche de roulement qui encaisse l’essentiel des dommages. Cette couche doit être rénovée régulièrement, tous les dix à quinze ans selon les conditions climatiques et l’intensité du trafic. Et, comme on le sait, l’entretien des routes belges a été systématiquement retardé ces dernières années, faute de moyens. Rien qu’en Flandre, le besoin se chiffrerait à 10 milliards d’euros pour les infrastructures. En Wallonie, on ne connaît pas l’ampleur du besoin, mais il doit être similaire, surtout que le plan d’investissement 2019-2024 ne prévoyait que 1,5 milliard pour les rénovations. C’est sans doute bien en deçà de ce qui est nécessaire.

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Des solutions ?

Mais comment sortir de ce cercle vicieux. Car plus le temps passe et plus la situation devient catastrophique. Pour certaines associations de défense des automobilistes, comme Mauto Défense ou Touring, il y a bien une solution : réinvestir les recettes captées pour la mobilité, c’est-à-dire les taxes de mise en circulation, de circulation ou encore les accises ponctionnées sur chaque litre de carburant (et sur les kWh d’électricité destinés aux batteries des voitures électriques désormais). Pour ces organisations, l’équation est donc simple à résoudre : chaque euro prélevé auprès des usagers de la route devrait être consacré à la sécurité, à la rénovation et à la durabilité du réseau.

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C’est vrai qu’il y aurait de quoi faire. En effet, en 2023, les seules accises sur le litre d’essence ou de Diesel ont rapporté 5,9 milliards d’euros à l’État belge. C’est déjà pas mal. Mais c’est assez peu comparativement à ce que la FEBIAC a déjà estimé : l’ensemble des contributions automobiles (amendes comprises) rapporterait autour de 21,4 milliards d’euros par an au gouvernement. Et encore, cette estimation date de 2020 et elle est donc antérieure au durcissement des contrôles routiers et de l’augmentation des recettes qui n’ont accompagné.

Naturellement, il n’est pas réaliste de penser que la totalité des revenus issus de la mobilité soit réinvestie dans les routes. Tout simplement parce que le budget de l’État a besoin d’allouer des recettes à des secteurs qui peuvent être naturellement déficitaires, mais tout aussi essentiels, comme la santé par exemple. C’est ça aussi le principe du service public et il n’y a pas lieu de le contester. Il n’en reste pas moins que nos routes méritent le soin et les financements nécessaires pour que les automobilistes puissent rouler en toute sécurité. C’est le minimum. Reste à espérer qu’il ne faudra pas attendre l’horizon 2027-2028 et la vignette routière (et avec des rentrées seront de toute façon insuffisantes) pour y arriver...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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