Depuis son entrée en fonction, le gouvernement Arizona a aussi fait de la sécurité routière son cheval de bataille – à moins que ce ne soit pour aussi assurer la récurrence (et même l’augmentation) des revenus liés aux infractions routières. Les autorités ont en effet annoncé une série d’aménagements (ou de durcissements) qui passe par la modernisation des outils de contrôle, mais aussi l’évolution du cadre pénal. Ainsi, les marges de tolérance et les quotas en matière d’excès de vitesse ont déjà été supprimés tandis que le fichier centralisé des infractions, baptisé Mercurius, permet un suivi en temps réel des récidivistes. Et ce n’est pas tout : il y a encore la notion d’homicide routier, le passage au permis numérique (aussi pour mieux traquer les tricheurs) et un système de permis à points qui est toujours dans les tiroirs.
Par ailleurs, on sait que la lutte contre la distraction au volant s’intensifie. On le voit avec les journées de contrôle « coup de poing », mais aussi avec l’intention de pouvoir exploiter le réseau de caméras ANPR pour détecter l’usage du téléphone au volant. Ce dernier point peut se comprendre, car les chiffres rapportés sont alarmants : un conducteur belge sur quatre reconnaît lire ou envoyer des SMS en roulant, un sur huit continue même à téléphoner téléphone en main tandis que 10% des conducteurs participent à des réunions professionnelles en conduisant et 6% regardent des vidéos ou des séries. On rappellera que détourner le regard pendant plus de deux secondes multiple par sept le risque d’accident.
Un cadre légal sur le point d’évoluer
Cela dit, jusqu’ici, un point coinçait pour utiliser les caméras ANPR pour détecter ces comportements : la protection des données (RGPD). Mais ce frein ne résistera probablement pas très longtemps. En effet, le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés), a annoncé qu’il allait lever cet obstacle. Selon SudInfo, dès mars 2026, un groupe de travail associant les portefeuilles de la Mobilité, de la Justice et de l’Intérieur sera chargé de préparer les adaptations législatives nécessaires. Finalité : permettre l’exploitation de dispositifs automatisés tout en respectant les exigences du RGPD et de la protection de la vie privée.
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Des caméras déjà testées
Sur le plan technique, la faisabilité est déjà une réalité. L’Institut VIAS avait déjà mené un test grandeur nature en 2020 avec des caméras installées sur un portique et les résultats avaient été bluffants. Et, entretemps, on fait encore mieux en matière de technologies de détection et d’interprétation par intelligence artificielle.
Il faut aussi rappeler que la Belgique ne fera que suivre d’autres pays qui recourent déjà à ce type de détection automatique. Aux Pays-Bas par exemple, ce type de caméras est utilisé depuis plusieurs années avec une amende de 430 euros en cas d’usage du téléphone. Des prix bien plus salés que chez nous où cette infraction est punie d’une amende de 174 euros à laquelle s’ajoutent 10 euros de frais administratifs. Et dans certaines provinces flamandes, un retrait immédiat du permis pour 15 jours est également appliqué.
La Belgique n’avance en outre pas seule. L’Allemagne étudie aussi le déploiement de dispositifs similaires tandis que la nouvelle génération de radars français intégrera également la détection du GSM au volant.
Quels délais ?
Si la faisabilité technique n’est plus une question, le calendrier dépendra désormais exclusivement du rythme législatif. En Belgique, ce type de réforme, impliquant plusieurs ministères et un examen approfondi par le Conseil d’État et l’Autorité de protection des données, s’inscrit généralement dans un temps long, probablement autour de 2 ans si tout va bien. Certes, aucune échéance n’est fixée, mais le chantier est bel et bien engagé.
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