Henri Peignaux, concessionnaire Jaguar dans la région lyonnaise était ce qu’on appelle un gentleman driver talentueux. En 1951, il s’inscrit au Tour de France automobile avec son copilote Roger Montabert. A l’époque, l’épreuve de 5.239 km à travers l’Hexagone était ouverte à toutes les voitures ou presque, qu’elles soient d’origine ou modifiées. Pour participer au rallye, il s’offre une XK 120 équipée d’une caisse en aluminium, un des 242 exemplaires produits.

Première vie mouvementée
Au début de l’épreuve, les choses tournent bien pour Peignaux et Montabert. Malheureusement, le troisième jour, ils font un accident grave et la voiture est détruite. Le pilote se retrouve quant à lui à l’hôpital avec des blessures sérieuses, la sécurité passive et active des voitures n’était pas les priorités de l’époque. C’est lors de sa convalescence que Peignaux décide d’envoyer la voiture en réparation chez Jean Barou, un artisan ardéchois spécialisé dans la fabrication de véhicule publicitaires et de barquettes de compétition.

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« Marathon de la route »
Une carrosserie de coupé est alors adaptée sur le nouveau châssis fourni par Peignaux. Ce dernier revend directement la voiture à Jean Laroche qui souhaite participer à l’édition 1952 du Liège-Rome-Liège. Appelée « le marathon de la route », cette épreuve dont le départ est donné au Palais des Princes-Evêques de Liège est délirante puisque les participants y effectuent 3.500 km d’une traite, et ce sur des routes secondaires !

Plus de succès
L’équipage Laroche-Radix termine le Liège-Rome-Liège à la seconde position au terme d’une édition très sélective puisque seuls 24 équipages sur 125 atteignent la ligne d’arrivée. De son côté, Barou réalise un autre coupé légèrement différent (qui aurait été détruit) et une barquette sur la même base de Jaguar XK 120. Quant à « notre » coupé, il change de mains en 1952 et disparaît en 1954. Bien des années après, un collectionneur répond à une petite annonce et découvre la Jaguar Barou en bon état, peinte en blanc. Il décide de changer sa couleur extérieure pour le rouge et le véhicule est authentifié par des experts en Jaguar spéciale.

Préservée dans le temps
Chose rare, la Jaguar dispose toujours de son moteur d’origine qui fonctionne encore très bien malgré les années. Ayant peu roulé, cette voiture dispose de roues à rayons Borrani très recherchées, ainsi que de plusieurs accessoires d’époque qui la rendent très désirable. Volontairement dépouillé, le coupé Barou fait partie de ces voitures de courses conçue avant tout pour être efficaces et fonctionnelles. Le 07 avril prochain, elle sera proposée aux enchères par la maison Aguttes. Son estimation est basée entre 350.000 et 450.000 €.
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