Depuis que la guerre en Iran a fait flamber les cours du pétrole, la pression à la pompe ne cesse de s'intensifier en Belgique. Ce mercredi, le Diesel a franchi un nouveau record absolu à 2,489 euros /l, dépassant le précédent pic enregistré en 2022. L'essence 95 se rapproche des 2 euros/l, avec un prix maximal plafonné à 1,945 euro/l. Cela va-t-il durer ? Inédits, ces prix ont manifestement un impact très important sur les automobilistes belges qui opèrent désormais des arbitrages. Et pour la première fois, des données concrètes permettent de mesurer l'ampleur de cette adaptation.
Moins de routes, vraiment ?
La société Coyote, spécialisée dans les assistances à la conduite, a analysé les flux de déplacement de ses utilisateurs belges depuis le début de la crise. Vincent Hébert, directeur général de l’entreprise, livre un constat surprenant : les déplacements ont reculé de 15 % sur l'ensemble du territoire national. Les chiffres méritent toutefois d'être contextualisés. En effet, la base d'utilisateurs de Coyote se compose majoritairement de gros rouleurs, des profils qui, par définition, dépendent fortement de leur véhicule. Et justement, si cette frange d’utilisateurs réduit aussi ses trajets, c’est que le reste des automobilistes a sans doute franchi ce cap bien avant eux.
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Une contraction surtout bruxelloise ?
Coyote relève toutefois dans ses données des disparités régionales assez impressionnantes. C'est dans la capitale que la contraction est la plus marquée, avec une baisse de 20 % des trajets en voiture parmi les utilisateurs Coyote. Il semble évident que la densité du réseau de mobilité alternative bruxellois facilite le report vers les transports en commun, le vélo ou les solutions partagées, ce qui n'est pas le cas partout. La Flandre enregistre un recul de 15 %, la Wallonie de 13 %. Dans ces deux régions, la voiture reste souvent l'unique option viable (et surtout au sud du pays), ce qui limite les marges d'adaptation.
Au-delà du volume de trajets, Coyote observe également une évolution du style de conduite. La vitesse moyenne des utilisateurs a diminué de 2,8 km/h. Un écart qui paraît modeste, mais qui traduit en réalité une adoption spontanée des principes d'écoconduite : les allures sont plus stables, l’anticipation renforcée, les accélérations moins vives. Selon certaines projections, diminuer sa vitesse de 10 km/h sur autoroute (de 120 à 110 km/h) permettrait de réduire la consommation peut atteindre 10 à 15 % selon les motorisations. Sur un mois de trajets domicile-travail, l'économie peut devenir substantielle.
Les raisons pour rouler moins
Vincent Hébert explique que « en interrogeant nos clients/utilisateurs dans nos magasins ou par téléphone, ceux-ci précisent qu’ils font attention à leur porte-monnaie et que certains demandent à leurs employeurs de faire une journée supplémentaire en télétravail pour gagner un trajet. » Car il est évident que des coûts supplémentaires importants sont supportés par les entreprises, surtout depuis que le carburant autre que l’électricité n’est plus autant déductible. Mais les particuliers comme les professionnels « avancent aussi qu’il sera difficile pour eux de diminuer encore plus leurs nombres de trajets et qu’ils pensent avoir optimisé déjà actuellement au maximum leur organisation pour diminuer leurs trajets », analyse encore Vincent Hébert.
En tout état de cause, il est possible aussi que les comportements d’achat changent et que même les particuliers soient tentés par la voiture électrique et spécialement les voitures électriques d'occasion qui sont actuellement peu chères, comme on peut le constater sur la marketplace de Gocar.be. C’est ce que montrent en tous cas les données de Gocar Data qui répertorie plus de 11 millions de voitures d’occasion en Europe : les consultations des petites annonces pour une voiture électrique de seconde main n’ont jamais été aussi élevées. Elles progressent aussi en Belgique, tout comme dans les autres pays d’Europe. De là à dire que les ventes vont exploser, il faudra encore un peu attendre, car elles dépendront surtout de la durée de la crise.
Reste à savoir si ces changements de comportements s’installeront durablement dans les habitudes des automobilistes ? En 2008 comme en 2022 après les crises énergétiques, les adaptations comportementales s'étaient effacées dès que les prix avaient reflué. A voir donc...
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