Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En Belgique, les monospaces ne représentent plus que 2,2% des immatriculations (soit seulement 9.100 monospaces immatriculés en 2025) contre plus de 12% il y a moins de dix ans. Dans le même temps, le marché s’est déplacé vers les SUV qui concentrent près de deux ventes sur trois. Ces derniers exercent une domination écrasante qui s’est faite au détriment de tous les autres segments, des breaks en passant par les moyennes ou les familiales traditionnelles et, bien évidemment, des monospaces, ces véhicules pensés avant tout pour l’espace et la modularité. Certes, l’engouement du public pour les SUV est bien là, mais il faut aussi avouer que les constructeurs ont aussi volontairement raboté leur gamme de voitures « classiques », les SUV apportant plus de rentabilité. Bien entendu, les acheteurs sont aussi responsables : trop rationnel et trop sage, le monospace ne les faisait les plus rêver.
Pourtant, le besoin n’a pas disparu. Car les familles nombreuses ou actives qui étaient autrefois conquises par des modèles comme les Renault Scénic ou Espace se retrouvent aujourd’hui à devoir composer avec des SUV souvent plus courts, plus lourds moins habitables et, évidemment, plus chers. Et ça ne leur convient pas. La preuve : une ruée observée sur les derniers modèles d’occasion dont les prix explosent.
Une quasi-disparition
Le paysage industriel reflète cette désaffection. La majorité des monospaces historiques ont quitté les catalogues ou changé de nature. Certains noms emblématiques subsistent – comme le Scénic justement ou l’Espace –, mais sous une forme modifiée qui adopte les codes et les technologies des SUV. Une belle usurpation d’identité. D’autres en revanche ont simplement disparu. Et c’est toujours la même rengaine : trop cher à développer et pas assez de volume de vente pour garantir une rentabilité.
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C’est notamment le cas de Volkswagen qui vient de stopper définitivement la production du Touran après plus de 20 ans de carrière. Volkswagen n’a pas prévu de le remplacer. Le constructeur pousse sa clientèle vers d’autres solutions, comme le Caddy ou le Tayron. Dans le segment, il ne reste plus guère que la BMW Série 2 Active Tourer ou encore le Dacia Jogger (quoique ce dernier est un peu hybride). Bref, le monospace n’est plus un produit de masse, mais il est devenu un objet de niche.
Le renouveau aux États-Unis ?
Pourtant, à quelques milliers de kilomètres de chez nous, le segment des monospaces montre des signes de résilience. Selon Automotive News, le genre connaît un regain d’intérêt en Amérique du Nord. Aux États-Unis, près de 396.000 unités ont été écoulées l’an dernier, soit une hausse de +20% sur un an. Le phénomène est encore plus net au Canada, où les ventes ont progressé de +34%, atteignant environ 43.000 exemplaires, un niveau qui n’avait plus été observé depuis 2020. Une évolution d’autant plus notable qu’elle constitue, la plus forte progression relative tous segments confondus.
Les raisons de ce retour en grâce sont avant tout économiques et fonctionnelles. Les monospaces offrent davantage de volume utile et de modularité que les grands SUV à sept places, tout en restant plus accessibles en termes de prix. Les constructeurs observent d’ailleurs une plus grande diversité des usages : transport familial, activités de loisirs, déplacements longue distance, mais aussi besoins ponctuels liés à des projets domestiques ou à des activités professionnelles. À cela s’ajoute une évolution du profil des acheteurs avec l’arrivée de clients plus âgés, souvent des grands-parents friands de voyages et de road trips.
Cette situation fait que certains constructeurs cherchent désormais à moderniser l’image du monospace. Chrysler a récemment dévoilé un concept de Pacifica à l’esthétique plus valorisante, doté de la transmission intégrale et d’aptitudes accrues hors bitume tout en confirmant que la prochaine version serait aussi électrique et futuriste. On constate donc une vraie recherche pour tenter un retour réussi.
Et en Europe ?
En Europe, quelques indices suggèrent que le sujet n’est pas totalement clos. Des concepts récents comme le Citroën ELO explorent de nouvelles interprétations de la voiture familiale en s’éloignant des codes SUV, mais sans toutefois revenir totalement aux monospaces d’hier.
Le monospace ne reviendra sans doute pas sous la forme qu’on a connue. Mais il pourrait inspirer une nouvelle génération de voitures rationnelles et mieux adaptées aux usages. Mais il faudra que les constructeurs osent aller à contre-courant de la tendance du SUV à laquelle ils ont participé ces dernières années. Et ça, ce n’est pas gagné.
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