Pourquoi les constructeurs, même chinois freinent sur l'électrique et poussent l'hybride rechargeable ?

Le marché de la voiture électrique patine. Une situation qui menace les constructeurs. Comme les automobilistes ne veulent pas des voitures à accumulateurs, tous les constructeurs opèrent actuellement une spectaculaire marche arrière en réhabilitant l’hybride et l’hybride rechargeable. Mais est-ce vraiment la solution pour résoudre le problème des ventes ? 

Publié le 28 mai 2025
Temps de lecture : 6 min

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Pourquoi les constructeurs, même chinois freinent sur l'électrique et poussent l'hybride rechargeable ?

On nous avait promis une transition rapide avec une arrivée massive des voitures électriques et des prix divisés par deux à partir de 2027. Mais la réalité est tout autre. En Europe, les ventes ralentissent et pas qu’un peu. Le marché automobile est au plus mal avec seulement 10,6 millions de voitures vendues en 2024, soit 18% de moins par rapport à 2020. Officiellement, les constructeurs ne s’y retrouvent plus et ils se disent menacés, d’autant que ceux-ci doivent continuer à maintenir des investissements élevés pour développer les technologies d’électrification sur lesquelles ils ont accumulé un certain retard, notamment face à la Chine.

Mais ce mouvement de recul de la voiture électrique n’est pas sans conséquence. Car les industriels n’entendent pas subir la situation. Pas question en effet de renoncer à des ventes. Il s’agit donc d’amortir le choc en changeant de stratégie et en réhabilitant des modèles que l’on pensait en voie d’extinction. Dans le contexte, la plupart des constructeurs qui s’étaient engagés à passer au 100% électrique à l’horizon 2030 sont revenus sur leurs engagements et ils parlent maintenant d’exploiter le filon de la voiture thermique – électrifiée ou non – le plus longtemps possible.

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Le retour inattendu de l’hybride rechargeable

Dans ce contexte, mêmes les constructeurs chinois – pourtant bien plus avancés sur la voiture électrique et capables de pratiquer des tarifs nettement plus compétitifs – ont annoncé des changements stratégiques pour l’Europe. Conseillé par Alfredo Altavilla, ancien cadre dirigeant de Fiat Chrysler, le géant chinois BYD mise désormais sur les véhicules hybrides qui seraient très appréciés par les automobilistes des pays du sud de l’Europe. Pourquoi ? Parce qu’ils ne dépendent pas d’une infrastructure de recharge qui reste déficiente, parce que les prix sont moins élevés et parce que ces véhicules seraient plus rassurants.

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Cette stratégie se vérifierait d’ailleurs déjà : les véhicules hybrides rechargeables, appelés « bimodes » par les Chinois, représentent aujourd’hui 70% des ventes de BYD sur le vieux continent. Pour la marque chinoise, il ne s’agit pas de s’imposer sur le seul créneau de la voiture électrique, mais de l’automobile, tout simplement. Peu importe la manière. Dans ce contexte, les futures usines hongroises et turques seront équipées pour aussi assembler des voitures hybrides rechargeables.

BYD n’est pas un cas isolé chez les constructeurs chinois. Ainsi, après avoir misé sur une gamme 100% électrique pour conquérir l’Europe, MG offre désormais des solutions plus « polyvalentes » avec les MG3 Hybrid+ et le HS PHEV, même si la technologie est parfois un peu différente (avec des versions à prolongateurs d’autonomie EREV).

Les autres constructeurs débrayent aussi

Ce changement de stratégie de BYD est aussi celui privilégié par de nombreux autres constructeurs occidentaux. Ainsi, Stellantis qui avait prévu d’être 100% électrique en 2030 a fait marche arrière depuis le départ de Carlos Tavares. La manœuvre est restée discrète, mais la modularité des plates-formes va être mise à profit pour proposer plus de voitures thermiques, hybrides et hybrides rechargeables. Exemple criant avec la Fiat 500 qui vient d’annoncer ses versions hybrides pour la fin de l’année 2025. Une manière de répondre à la demande, mais aussi – on l’espère – d’engager une désescalade dans la politique des prix qui est tout simplement ridicule pour le pot de yaourt.

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Honda, Volvo, Audi et les autres

Tout récemment, c’est Honda, deuxième constructeur japonais, qui vient aussi d’annoncer une réduction de 30% ses investissements dans la voiture électrique. Le constructeur vise désormais 30% de ventes en électrique d’ici 2030. Lors d’une conférence, Toshihiro Mibe, PDG de Honda, a expliqué que « il est vraiment difficile de lire le marché, mais pour le moment, nous pensons que les voitures électriques représenteront environ un cinquième de nos ventes d'ici là. » Pas de raison de se presser donc avec des volumes aussi réduits. L’objectif est de capitaliser sur l’hybridation et ainsi de répondre à cette demande qui est désormais majoritaire. Dans ce cadre, 13 nouveaux modèles hybrides devraient voir le jour d’ici 2027. Le constructeur n’abandonne toutefois pas l’électrique ni l’hydrogène, mais il envisage que ces motorisations ne seront majoritaires qu’à partir de 2040, soit dans 15 ans.

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Nombreux sont les constructeurs qui ont enclenché la marche arrière : Volvo, Audi, Mercedes, Renault ou Porsche ont assumé le fait d’une transition plus étalée et de la conservation dans la gamme de modèles PHEV le plus longtemps possible. Une stratégie qui est aussi le fait de BMW et de Volkswagen, même si c’est moins avoué. Même si les voitures électriques se vendent très bien chez BMW, le constructeur conserve une approche « technologiquement ouverte » avec des hybrides rechargeables, y compris pour la gamme Neue Klasse qui est en arrivage. Idem chez VW qui a annoncé la prolongation des modèles thermiques après 2030, sans plus de précisions.

Mais l’hybride et l’hybride rechargeable sont-elles de bonnes solutions ? En matière de coûts certainement, car ces voitures sont plus abordables pour les consommateurs. Et c’est bien ce qui est recherché par les deux parties. Cela dit, il n’en reste pas moins que la voiture hybride rechargeable reste contestable à plus d’un titre en termes d’utilisation de ressources puisqu’on fait deux voitures en une, une thermique et une électrique avec dans chaque cas de gros moteurs (puisque le moteur électrique doit être capable de faire rouler la voiture à au moins 120 km/h). Reste donc la question psychologique qui est elle aussi infondée. De manière objective, on sait en effet que l’autonomie des voitures électriques actuelles suffit à un usage de tous les jours. Toute la question réside une fois de plus sur l’évolution des mentalités et l’encadrement des autorités. La Belgique vient d’ailleurs de lâcher beaucoup de lest en permettant de déduire plus longtemps les voitures hybrides rechargeables pour les entreprises et les indépendants. L’Europe fera-t-elle de même à la fin de l’année avec l’examen de la fameuse clause de revoyure de la sortie (ou d'assouplissement) des moteurs thermiques en 2035. La question reste ouverte.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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