C’est la surprise à la vue des chiffres de ventes des voitures électriques au premier trimestre 2026. En effet, Tesla vient d’annoncer 358.023 livraisons, soit une progression de 6,5 % sur un an. C’est un résultat certes positif, même si les analystes espéraient mieux. En face, c’est la surprise. Car le Chinois BYD qui s’est largement imposé en 2025 (2,25 millions de véhicules contre 1,63 à Tesla) n'a aligné que 310.389 véhicules purement électriques sur la même période, soit un recul de 25,46 % par rapport au Q1 2025. L'écart entre les deux rivaux dépasse désormais 47.000 unités. Un gouffre ! Le renversement est donc aussi soudain que spectaculaire.
Ce rebond prend une couleur toute particulière quand on replace Tesla dans son contexte européen. Car on sait que l'engagement politique d'Elon Musk, son soutien assumé à Donald Trump et ses prises de position très clivantes sur les réseaux sociaux, avaient engendré sur le Vieux Continent un mouvement de défiance inédit. C’était passé par des boycotts organisés, une image écornée et des ventes en chute libre (-50%) sur presque tous les marchés du vieux continent.
Et pourtant, les résultats européens du premier trimestre ont bel et bien contribué à redresser les totaux du constructeur américain. Est-ce parce que Elon Musk a depuis pris ses distances avec la scène politique américaine ? Difficile à dire. Ce qui est sûr en revanche, c’est que les consommateurs oublient souvent vite. La controverse s’est tassée et, dans le même temps, les qualités de Tesla sont revenues sur les devants de la scène (gestion de la batterie, réseau de superchargeurs) tout comme l’arrivée de modèles plus démocratiques, comme le Model Y Standard.
Cela dit tout n’est pas rose pour autant. Tesla a produit 408.386 véhicules au Q1 2026, soit près de 50.000 unités de plus que ce qu'il a pu livrer. Il y a donc un stock qui s’accumule et qui pourrait faire pression sur les prix de vente (moins cher), mais du coup aussi sur les marges.
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Tesla sales grew by 6% in Q1, but company has an overproduction problem https://t.co/XqDx5fthyj
— Ars Technica (@arstechnica) April 2, 2026
A record 50,000 unsold Teslas are sitting on the lot https://t.co/3Ih6JvSgBu
— Automation Workz (@AutomationWorkz) April 2, 2026
La Chine se retourne
La situation de BYD est inquiétante à plus d’un titre et elle dépasse le simple mauvais résultat d’un trimestre. Car tous les modèles sont touchés. C’est aussi le cas des hybrides rechargeables, un segment sur lequel le constructeur s'était considérablement développé et qui accuse un recul de 33,54 % sur un an. C'est donc l'ensemble du modèle commercial de BYD qui montre des signes de faiblesse. Et les causes sont connues. D’une part, Pékin a réduit les subventions à l'achat tandis que la guerre des prix qui sévissait sur le marché chinois depuis plusieurs mois a été stoppée par le gouvernement. Dans ces conditions, BYD se retrouve tout simplement privé de ses deux principaux moteurs de croissance.
En réalité, les deux constructeurs tracent leur route de manière différente. On pensait que Tesla avait besoin de nouveaux modèles, mais manifestement, la déclinaison de versions moins chères suffit au public qui n’en demande pas plus. Dans le même temps, Tesla a aussi éliminé les vieillissants Model S et X.
BYD compte désormais sur l'export et particulièrement sur l'Europe pour compenser ses déboires domestiques. Mais cela suffira-t-il ? Pas certains, car avec des marges qui se réduisent, BYD ne pourrait peut-être plus être aussi compétitif qu’aujourd’hui. Et il n’est pas sûr que le public européen opte pour une voiture chinoise vendue au même prix qu’une européenne...
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