La prédiction était tombée en août dernier dans un podcast avec une interview de He Xiaopeng, le fondateur de Xpeng et l'un des poids lourds de l'électrique chinois. L’homme a indiqué sans sourciller que la bataille qui secoue l'automobile mondiale durera encore cinq ans. Et qu’elle ne laissera debout que cinq constructeurs au maximum. Ce n’est pas la première fois que ce CEO fait part de cette prévision, mais ces allégations résonnent aujourd’hui de plus en plus fort, car les résultats financiers des constructeurs publiés ces dernières semaines sont tout simplement catastrophiques. Et ils montrent à quel point, nous sommes proche de ce pronostic.
Xpeng's CEO says most Chinese carmakers will not survive the next decade https://t.co/MpnaXbtzUi
— Business Insider (@BusinessInsider) November 19, 2024
Chose surprenante, la situation est tout aussi délicate pour des constructeurs qui semblaient intouchables. C’est le cas que BYD qui fabrique pourtant ses propres batteries, développe son électronique embarquée et contrôle chaque étape de sa chaîne de production. Ce degré d'intégration verticale est unique à cette échelle dans l'industrie automobile mondiale. Et pourtant, son bénéfice net a reculé de 19 % en 2025, à 4,8 milliards de dollars. Sa marge nette s'est effilée de 5,2 % à 4,1 %. La raison ? Le marché chinois où plus de cent constructeurs se livrent une guerre des prix sans répit a fait plonger les ventes domestiques de BYD de 7,8 % à 3,55 millions d'unités. Comme l'a confié son président Wang Chuanfu à ses actionnaires, l'industrie des véhicules électrifiés se trouve désormais « dans une phase de knock-out brutale ».
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Cinq ans pour tout
Mais les difficultés ne s'arrêtent pas aux frontières chinoises. Le groupe Volkswagen a publié ses pires résultats depuis le Dieselgate : résultat opérationnel amputé de 53 % à 8,9 milliards d'euros, bénéfice net en chute de 44 % à 6,9 milliards, marge opérationnelle tombée à 2,8 % contre 7 % deux ans plus tôt seulement. Pour retrouver une rentabilité suffisante, le groupe a programmé 50.000 suppressions de postes en Allemagne d'ici à 2030. La situation est encore plus dramatique chez Stellantis, qui clôture 2025 sur une perte de 22,3 milliards d'euros après avoir consacré 25,4 milliards à un pivot stratégique vers les motorisations thermiques. Même Porsche a vu son résultat d'exploitation s'effondrer à 100 millions d'euros contre 5,3 milliards l'année précédente. Un gouffre !
Ce tableau aurait pu surprendre il y a deux ans. Il ne fait pourtant que confirmer ce que Carlos Tavares – alors patron de Stellantis – avait annoncé en mai 2024 dans une interview à France 2. L’homme avait annoncé qu’il ne resterait que cinq grands constructeurs mondiaux à l'horizon d'une décennie. Sa liste incluait Stellantis, Toyota, BYD et Tesla. Pour la cinquième place, il hésitait entre Volkswagen et un acteur américain. Une déclaration tonitruante et qui ne se vérifie pas, car les rapports de force ont depuis considérablement évolué.
La liste à réécrire
Stellantis, que Tavares plaçait en tête avec une certaine assurance, affiche désormais 22 milliards de pertes tandis que son autre certitude, Tesla, enregistre en 2025 sa première baisse annuelle de chiffre d'affaires depuis son introduction en bourse, avec un bénéfice net en recul de 46 % à 3,79 milliards de dollars et des livraisons tombées à 1,64 million d'unités. Le statut de survivant de ces deux constructeurs est aujourd'hui clairement en balance.
À l'inverse, d’autres candidats semblent mieux armés. Toyota reste le plus solide : marge opérationnelle à 10 % et un chiffre d'affaires en hausse de 7 % à 205 milliards d'euros. Certes, le bénéfice est en recul de 26 % mais il atteint encore les... 16,1 milliards ! Le groupe coréen Hyundai-Kia résiste également : Hyundai maintient une marge opérationnelle de 6,2 % avec des revenus en progression de 6,3 %, tandis que Kia atteint un record de ventes à 3,13 millions d'unités. Malgré des difficultés sur son marché local, BYD garde l'avantage de son intégration verticale et le constructeur mise sur l'export pour compenser. Son usine hongroise doit entrer en production en 2026, ancrant un peu plus le constructeur dans le tissu industriel européen.
Qui pour les deux dernières places ? Difficile à dire. BMW reste un groupe très fort et peu inquiéter malgré la conjoncture, mais sa petite taille interroge. On peut raisonnablement imaginer qu’un autre groupe chinois fasse partie de ce top 5. Et ce pourrait être Geely avec Volvo, Polestar et ses participations dans Mercedes et Aston Martin. Ou alors SAIC qui possède MG ? Pas sûr, car sa marque JV qui drainait énormément de ventes ne convainc plus. À voir donc. Ce qui est sûr, c’est que la sélection naturelle est déjà à l’œuvre...
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