Si ses contours exacts sont encore loin d’être tracés, il ne fait toutefois aucun doute que la fiscalité automobile de demain sera très différente de celle que l’on connaît aujourd’hui. Et, en tous les cas, nettement plus complexe à mettre en place. Selon le système actuel, il est en effet assez simple de faire payer une taxe de mise en circulation à un citoyen souhaitant recevoir une plaque pour sa voiture et, ensuite, de l’inviter à régler une taxe de roulage annuelle pour la conserver. Mais si l’on bascule vers une fiscalité davantage orientée vers l’usage de son véhicule, comment déterminer le nombre de kilomètres couverts, les zones fréquentées (dans les villes, sur l’autoroute ?), les heures durant lesquelles le véhicule est utilisé (pendant les heures de pointe ?), etc. Bien sûr, des caméras scrutant les plaques pourraient être utilisées comme c’est déjà le cas pour contrôler l’accès à l’intérieur des « zones environnementales ». Mais, plus pratiquement, on pourrait aussi profiter du côté « Big Brother is watching you » des voitures d’aujourd’hui !

e-call obligatoire

Depuis le 1er avril 2018, toutes les voitures vendues sur le sol européen doivent en effet être équipées d’un système d’appel automatique d’urgence (dit « e-call »). Chaque nouvelle voiture est dès lors équipée d’une carte sim intégrée capable de communiquer avec l’extérieur mais également de différents capteurs scrutant de nombreux paramètres du véhicule en temps réel (vitesse, position géographique, etc.). Bref, tout ce qu’il faut pour « trahir » son conducteur et permettre aux autorités de baser la fiscalité automobile de demain sur l’usage plutôt que sur la simple possession d’un véhicule. D’autant plus que l’installation d’un tel boitier, sur des véhicules plus anciens, ne serait pas trop onéreux ni compliqué. Reste toutefois encore aux autorités à régler un autre problème avant de profiter de toutes ces « fuites » fournies par les véhicules : comment traiter une telle quantité d’informations en temps réel ?