Fondée en 1961 à Liège par Edmond Pery et Bruno Vidick, la société Apal (Pour Application Polyester Armé Liège) réalise d’abord un joli coupé sur base d’un châssis de Volkswagen Coccinelle. Ensuite, la firme, basée à Blegny, développe surtout des Buggy qui feront sa renommée en Europe. Construisant également des monoplace de Formule Vee, Apal se lance dans la fabrication de baignoires de luxe et de répliques de Porsche 356.

Au début des années 80, Edmond Pery, désormais seul à la tête de l’entreprise, décide de lancer la conception d’une GT destinée à concurrencer la Porsche 944. Sur base d’un châssis « maison » sur lequel s’appuient deux bâtis tubulaires, Apal utilise une Mercedes 190 pour réaliser celle qui deviendra la Francorchamps, afin de limiter les coûts de développement. Etrangement, l’arrière de la berline est également greffé, ce qui n’affine pas une ligne déjà assez ingrate à la base.

La plus grosse déception vient de la mécanique. Prévue pour accueillir un moteur performant, l’Apal reprend finalement le quatre cylindres de 2 litres de la 190E. Avec 122 ch sous le capot, cette voiture à la carrosserie en Kevlar n’affolait pas du tout les chronos. Chère et trop artisanale, elle n’avait aucune chance de réussir. En tout, deux exemplaires ont été construits avec l’aide financière de la Région Wallonne. Jamais vendus, ils sont longtemps restés au sein de la collection d’Edmond Pery. Aujourd’hui, seul l’un des deux est homologué pour circuler sur la route. Un beau coup d’épée dans l’eau…