La possibilité de cette collaboration surprenante a été révélée par le journal The Financial Times et elle n’en serait encore qu’à un stade exploratoire. Officiellement, les deux parties démentent catégoriquement l’existence de discussions, mais l’information a ravivé les tensions dans un climat géopolitique déjà tendu.
Et BYD aussi ?
Petit retour en arrière. Le CEO de Ford, Jim Farley, a importé pour son usage personnel une Xiaomi SU7 et n’a jamais caché son enthousiasme à propos de la voiture notamment dans un podcast. Il a surtout salué sa qualité. Que Ford tende aujourd’hui la main à ce partenaire n’a donc rien d’illogique. Vendre des voitures électriques n’est plus une sinécure aux États-Unis sous l’ère de Donald Trump. Le constructeur en a déjà fait les frais et il déjà perdu près de 20 milliards de dollars (18,5 milliards d’euros) d’investissements liés à cette technologie. Et la marque a aussi stoppé le développement de plusieurs modèles. Cela dit, ignorer les voitures électriques n'est pas une option à l'heure actuelle – ce serait d'ailleurs offrir un boulevard aux Chinois – et une mutualisation des coûts et des risques est donc la bienvenue.
Selon des sources internes, Ford aurait approché Xiaomi, mais aussi d’autres fabricants chinois de véhicules électriques, comme BYD. Objectif : de sécuriser sa position à long terme sur le marché américain. Mais jusqu'ici, Ford dément l'information, la qualifiant de « totalement fausse ».
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« Risque stratégique »
Évidemment, Ford n’a aucun attirer l'attention de la Maison-Blanche. Rappelons que récemment, le président estimait même que Mercedes devrait être nationalisé. Les alliances avec la Chine sont considérées comme très sensibles. Depuis 2024, le gouvernement impose d'importants droits de douane sur les voitures chinoises, ce qui rend le marché américain presque inaccessible à ces constructeurs.
Un élu républicain a récemment indiqué que toute collaboration avec des industriels chinois représentait un « risque stratégique ». Il a déjà adressé une lettre à Jim Farley, critiquant l'idée d'une potentielle coentreprise avec un partenaire chinois, car elles impliqueraient une dépendance à des technologies étrangères, comme c'est le cas pour les batteries de CATL. Mais cette lettre est déjà quelque part la preuve qu'il n'y a pas de fumée sans feu.
Xiaomi est une entreprise très courtisée. Le groupe ne cesse de monter en puissance dans le domaine de la voiture électrique, malgré une récente contre-performance. Car la SU7 Ultra, fer de lance de la gamme avec une puissance de 1.548 ch et un 0 à 100 km/h abattu en seulement 1,98 s, n’est finalement pas un succès commercial. Alors que les ventes culminaient encore à plus de 3.000 unités mensuelle en mars 2025, elles sont tombées à un seulement 45 voitures en décembre. Depuis septembre, la chute est vertigineuse et elle s'explique peut-être avec par les plaintes déposées pour publicité mensongère, par les acomptes élevés exigés lors de la commande ainsi que par les problèmes techniques qui persistent après des accidents. Mais malgré ça, Ford voit sans doute dans cette base technique un excellente point de départ à une Mustang électrique.
Déjà rentable
Par ailleurs, le recul de la Xiaomi Ultra n’entame guère le succès global de la division automobile du constructeur, l’une des rares start-ups chinoises déjà rentable. En décembre dernier, la marque a écoulé plus de 11.000 exemplaires de la SU7 de base et plus de 39.000 unités du YU7. L'industriel a ainsi bouclé l’année avec 411.837 véhicules vendus, soit une hausse étonnante de 200% par rapport à 2024. Pour 2026, Xiaomi vise 550.000 unités.
Bien entendu, des alliances avec des constructeurs américains seraient aussi à l'avantage des marques chinoises. Pour soutenir leur croissance industrielle (et peut-être résoudre leur problème de surstock), l’accès à de nouveaux marchés est plus que bienvenu. À moins que Farley n’ait laissé un enthousiasme excessif prendre le pas sur l’analyse.
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