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ESSAI LEVC TX : le taxi dernier-cri

Depuis le milieu du siècle dernier, Londres est devenue une ville où les taxis sont les plus nombreux. Pour évoluer dans ses rues étroites et encombrées, les « cabs » se sont adaptés au fil des années. Le LEVC TX, dernier modèle en date, s’attaque désormais à l’export. L’importateur belge, Sterckx, nous en a confié un exemplaire pour quelques jours afin de tester ses nombreuses fonctionnalités.

Écrit par Maxime Hérion | 10/06/2022

Fondée en 2013 sur les cendres de l’ancienne London Taxi Company (LTC), LEVC (pour London Electric Vehicle Company) est une filiale du constructeur chinois Geely qui est également le propriétaire de Volvo. Ce dernier avait déjà investi en 2006 dans LTC et connaissait donc déjà le marché des taxis en Grande-Bretagne.

Sentant le vent tourner avec une politique environnementale de plus en plus stricte favorisant l’émergence des motorisations électriques, LEVC a lancé en 2017 le TX, son modèle de dernière génération. Pour marquer le coup, la firme a réalisé un véhicule entièrement nouveau qui reprend les bonnes recettes du « black cab ».

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Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

Malgré un nouveau design moderne, le TX apparaît bien au premier coup d’œil comme le taxi anglais, avec ses proportions typiques et sa peinture noire. Rompant avec le passé, LEVC fabrique le TX dans une nouvelle usine basée près de Coventry. Il dispose d’un châssis en aluminium collé et d’une carrosserie dans les panneaux sont réalisés en matériaux composites afin de gagner du poids.

La plus grande nouveauté est l’adoption d’un moteur électrique de 150 ch et d’une batterie d’une capacité de 31 kWh qui lui donne une autonomie de 112 km. Le TX dispose également d’un prolongateur d’autonomie qui est un bloc thermique d’origine Volvo, un 3 cylindres turbocompressé de 1,5 litres qui développe 82 ch. Celui-ci n’entraîne pas le véhicule, il sert juste de générateur qui permet une autonomie totale de 607 km.

Comme n’importe quel véhicule électrique, le TX possède des prises de charge qui sont montés à l’avant, de chaque côtés de la calandre : on y trouve une prise CCS, avec des capacités de 50 kW DC et 22 kW AC et un connecteur CHAdeMO de 50 kW.

De la place à revendre

Long de 4,86 m, le TX a été conçu pour être pratique et robuste. Désormais disponible en conduite à gauche également, il se compose de deux espaces distincts séparés par une cloison en acier et en plexiglass très résistant empêchant toute agression. À l’avant, on retrouve en toute logique la partie dévolue au chauffeur qui comprend de nombreux éléments issus du Volvo XC90 (volant, compteur, clé, etc.). Du SUV sino-suédois, on retrouve également le grand écran vertical qui est orienté vers le conducteur.

Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

Conçu comme un vrai véhicule utilitaire, le TX dispose d’un tableau de bord en plastique costaud qui est délibérément très fin du côté passager. Et pour cause, puisqu’il n’y a pas de siège, vu que cet espace est dévolu au transport des bagages. D’une capacité approchant les 300 litres, celui accueille les (petits) sacs et valises des passagers si nécessaire. Cependant, la meilleure place du taxi se trouve à l’arrière. Très spacieux, l’habitacle peut accueillir jusqu’à 6 personnes, 3 sur la banquette est 3 autres sur des strapontins accrochés à la paroi de séparation.

Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

Très haut, le taxi se veut particulièrement accessible. Dans cet espace très bien conçu, rien ne manque : on y trouve des prises USB, une prise secteur, des commandes de climatisation et un système intercom pour discuter avec le taxi driver.  Ce dernier dispose d’un système qui condamne les portes dès le début de la course (histoire d’éviter les clients indélicats qui voudraient ne pas payer), d’un système de paiement par carte optionnel, d’espaces prévus pour afficher de la publicité et d’un recouvrement de sol nettoyable, un détail important lorsqu’on ramasse des clients éméchés les soirs de week-end…

Accessibilité PMR

Présent dans les rues des Londres depuis la fin des années 50, le « black cab » tel qu’on le connaît s’est adapté aux besoins de la clientèle. C’est comme cela qu’il est accessible depuis quelques dizaines d’années déjà aux personnes à mobilité réduite. Le LEVC TX s’est inspiré des dispositifs qui étaient déjà en fonction sur les anciens modèles et les a encore perfectionnés.

Cela commence par des portières arrière à l’ouverture inversée qui s’ouvrent à 90 degrés. Cachée dans le seuil de porte, une grande rampe en acier pouvant supporter une charge de 250 kg permet l’accès aux fauteuils roulants. Le grand plancher du compartiment passagers permet à la personne à mobilité réduite de tourner à 360 degrés si besoin. Le chauffeur peut alors arrimer le fauteuil au sol avec un kit de sangles qui prend place dans le plancher du coffre avant, ainsi que de sécuriser la personne au moyen d’une ceinture de sécurité amovible.

Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

C’est extrêmement pratique, nous l’avons essayé, même si la rampe d’accès qui assez incliné nécessite un accompagnement par le chauffeur. Le TX possède une autre fonctionnalité intéressante pour l’accueil des personnes qui éprouvent des difficultés à se déplacer. Un strapontin peut se déverrouiller pour sortir du véhicule. Il suffit alors de prendre place et le chauffeur peut alors le faire pivoter afin de pénétrer dans l’habitacle sans avoir à grimper dedans !

Taillé pour la ville

Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

Alors qu’on peut s’attendre du TX qu’il soit un peu pataud, il n’en est rien ! Sans être impressionnantes, les accélérations sont vigoureuses et malgré son gabarit, il se faufile partout. Le taxi a encore un détail incroyable, son diamètre de braquage de seulement 8,45 m qui vous permet de faire demi-tour dans une rue normale. À l’usage, sa direction est magique car il tourne littéralement sur lui-même, une fonctionnalité que l’on aimerait voir sur toutes les voitures tant elle s’avère pratique !

Très confortable grâce à son absence de bruit en mode 100% électrique, le TX est l’est également au niveau de ses suspensions qui sont également reprises de la banque d’organes d’origine Volvo. Même en-dehors de la ville, il se débrouille sans problème, même si sa consommation sur autoroute est pénalisée en raison de son aérodynamique de parpaing. Lorsqu’on ne veut pas utiliser la batterie, il est possible de bloquer cette dernière et d’utiliser le moteur thermique pour alimenter le groupe propulseur électrique. Très discret, le 3 cylindres Volvo n’est audible que par le chauffeur et ne vient pas perturber la quiétude des passagers.

Conclusion

Conçu pour le plus efficace possible et le plus accueillant, le LEVC TX est le taxi idéal qu’on verrait bien dans les rues de Bruxelles. Son accessibilité PMR est un plus qui serait une belle carte de visite pour les touristes de passage. Malheureusement, son coût élevé (78.589 € hors options) est un obstacle à son succès que seuls des subsides pourraient lever.

Connaîtra-t-il le même succès à Bruxelles qu’à Londres ?

LEVC TX : fiche technique

Moteur: 1 moteur électrique  (110 kW, 2500 Nm)

Transmission : sur les roues arrière

Boîte de vitesses : automatique à 1 rapport

L/l/H (mm) : 4.855/1.945/1.880

Poids à vide (kg) : 2.305

Volume du compartiment à bagages (l) : 300

Batterie (kWh) : 24,2

De 0 à 100 km/h (sec) : 13,2

Vitesse maximale (km/h) : 128 km/h

Autonomie WLTP (km) : 101

CO2 : 19 g/km

Prix : 78.589 euros

Note de la rédaction

Points forts

  • Accessibilité totales
  • Conception générale
  • Cote d’amour

Points faibles

  • Prix élevé
  • Petit coffre
  • Usage trop spécifique ?

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