Longtemps championnes, les citadines traversent une zone de turbulence. En 2025, les ventes de voitures du segment A ont chuté de -24% par rapport à l’année précédente, pour atteindre à peine 204.000 unités sur le premier semestre. Un effondrement saisissant lorsqu’on le compare aux 1,1 million de ventes enregistrées à la même période en 2014. Mais que s’est-il passé en 10 ans ?
Cette désaffection n’est pas uniquement la résultante d’une demande plus faible. En réalité, c’est surtout l’offre qui s’effondre : la disparition progressive de la triplette Citroën C1/Peugeot 107/Toyota Aygo, de la Suzuki Ignis, de la Mitsubishi Space Star ou encore de la Renault Twingo (pour l’instant), entre autres, laisse un vide béant sous la barre des 15.000 euros. Seule la Dacia Sandero tente encore de maintenir ce segment accessible, à partir de 12.890 euros. Mais cette exception confirme une règle qui semble inévitable : concevoir une petite voiture rentable est devenu une plus qu’une gageure.
Normes européennes
La multiplication des exigences réglementaires en matière de sécurité et d’émissions complique en effet la donne. Il y a quelques semaines, Luca de Meo, ancien patron de Renault, avançait le fait qu’il est « difficile d’être rentable avec une petite voiture ». Frank Krol, PDG de Mitsubishi Motors Europe, tient un discours similaire, évoquant le coût prohibitif des équipements requis pour une voiture thermique répondant aux standards actuels tout en demeurant abordable. L’équation économique insoluble ?
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Ils sont nombreux à s’exprimer sur le fait qu’il n’est plus possible de rendre une petite voiture viable. Et, forcément, si c’est le cas pour les voitures thermiques, c’est encore plus le cas pour les modèles électriques lesquels sont tellement chers à fabriquer que même les gros volumes ne permettent plus de rentabiliser ces modèles.
L’électrique trop chère ?
À l’exception notable de la Dacia Spring (18.990 euros), des modèles chinois Leapmotor T03 (18.400 euros) ou BYD Dolphin Surf (21.290 euros) et d’une poignée de véhicules flirtant avec les 25.000 euros (Citroën ë-C3, Fiat Grande Panda ou Renault 5 E-Tech), il reste difficile de trouver une voiture électrique réellement bon marché. Le seuil psychologique et marketing des 15.000 euros semble encore hors de portée, spécialement pour des véhicules produits en Europe.
Certes, il y a des signes d’espoirs. Renault prépare sa nouvelle Twingo électrique pour 2026 avec un prix d’appel annoncé sous les 20.000 euros. Et une déclinaison Dacia devrait même descendre sous les 18.000 euros. Volkswagen, de son côté, s’apprête à lancer les ID.2 et Cupra Raval (15.000 euros), mais promet des versions plus abordables avec l’ID.1 (sous les 20.000 euros) tandis que Hyundai et Kia affûtent leurs armes pour le marché des minis électriques, notamment via l’Inster, mais qui reste autour des 25.000 euros (24.499 euros).
La piste des kei-cars
Face à l’impasse, certains imaginent un changement de paradigme. Plusieurs patrons de l’automobile plaident pour la création d’une nouvelle catégorie de véhicules, inspirée des kei-cars japonaises. Ces microvoitures, à mi-chemin entre la Citroën Ami et la Twingo, pourraient bénéficier de règles allégées en matière d’homologation, en contrepartie de limitations strictes en taille et en puissance.
L’idée séduit jusqu’à la Commission européenne, qui mène actuellement une étude de faisabilité. Mais pour Transport & Environnement, ce projet pourrait s’avérer complexe à mettre en œuvre : changer les cadres réglementaires européens est une entreprise longue et politiquement délicate.
L’électrique à 15.000 euros est-elle compromise ? À moyen terme, oui. Et il faudra plutôt compter sur des solutions hybrides qui permettront de maintenir une offre en dessous des 20.000 euros. La preuve avec Fiat qui relance sa 500 avec une motorisation mild-hybrid et vise les 17.000 euros. Toyota intègre aussi une motorisation hybride à son Aygo X, avec des émissions limitées à 86 g de CO2/km.
Les automobilistes en mal de voitures réellement abordables vont devoir prendre leur mal en patience. Car personne ne sait quand le déblocage pourra avoir lieu. Ce qui est probablement, c’est qu’il faudra probablement attendre une indépendance européenne pour les parties les plus couteuses de la voiture électrique, donc la batterie. Or, jusqu’ici, les initiatives européennes ont été mises en échec. Il faudra encore du travail et des innovations pour arriver à la voiture électrique (neuve) abordable. En attendant, le marché de l’occasion se porte comme un charme.
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