En théorie, un conducteur sous le coup d’une déchéance du droit de conduire doit rendre son permis. Mais, dans la pratique, certains condamnés « omettent » de le faire. Et peuvent, dès lors, encore présenter un permis de conduire a priori valable lors d’un éventuel contrôle pour « duper » la police. Comme nos confrères de Sudpresse le mettent en lumière, la police ne dispose en effet (pour le moment) pas de moyen de savoir rapidement si le conducteur contrôlé est sous le coup d’une déchéance, ou non, de son permis de conduire.

Banques de données croisées

Une lacune qui sera bientôt comblée grâce au projet Mercurius développé par le SPF Justice et Mobilité. Son objectif : permettre aux policiers de vérifier en temps réel lors d’un contrôle routier différentes informations grâce au croisement de plusieurs banques de données. Un projet attendu depuis plusieurs années maintenant mais qui devrait, enfin, être mené à bien d’ici la fin 2019 ou le premier trimestre 2020 « au plus tard ».

Tout savoir

Outre d’informer les forces de l’ordre sur la validité « réelle » d’un permis de conduire présenté, Mercurius permettra aussi aux policiers de connaître rapidement tous les antécédents des conducteurs. « Par exemple, le fait d’avoir été privé de son permis pendant quelques heures à cause de l’alcool, mais aussi d’un retrait temporaire par un officier de police ou le parquet dans certains cas d’excès de vitesse ou d’ivresse » précise le porte-parole du SPF Justice dans les colonnes de Sudpresse. Difficile, dès lors, pour un conducteur contrôlé avec un taux d’alcool trop élevé ou en excès de vitesse, de feindre le cas isolé malheureux, afin d’implorer la clémence des autorités… Notons, de plus, que Mercurius précisera aussi si le conducteur a normalement été contraint par la justice d’installer un éthylotest antidémarrage à bord de son véhicule ou de repasser un examen.

Image : Wikipedia