Électrique

L’automobile bientôt inabordable pour le citoyen moyen ?

Bien que la voiture électrique s’accélère ces derniers mois, son adoption nous coûtera en réalité très cher. Au point que la dépense à consentir sera probablement impossible pour une partie du public. C’est ce que démontre les tendances du marché. La voiture électrique sera-t-elle réservée aux plus riches ?

Alain De Jong Alain De Jong | Publié le 11/01/2022 | Temps de lecture : 3 min

L’annonce de la fin des ventes de nouvelles voitures thermiques d’ici 2035 dans toute l’Union européenne a suscité beaucoup d’émoi ces derniers mois, et ce tant chez les consommateurs que chez les constructeurs. Certes, tout le monde est d’accord de dire qu’il est urgent d’agir pour sauver le climat, mais il reste néanmoins de nombreuses incertitudes quant à la voie à suivre et au calendrier à mettre en place.

Le manque d’organisation aboutit souvent à des situations ubuesques qui débouchent sur des pointes de paniques quand ce n’est pas de la récupération politique. Par exemple, la Flandre a soudainement décidé de devenir le meilleur élève de la classe en la matière. Pour ce faire, elle a pris la décision d’interdire les ventes de voitures thermiques à partir de 2029. Une situation rocambolesque, car sachant qu’actuellement à peine 1 % du parc automobile belge est 100% électrique, cela donne une petite idée du travail qu’il reste à accomplir.

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Une transition antisociale et coûteuse

Naturellement, le passage à la voiture électrique aura aussi un coût qui devra être payé par tous ceux qui souhaitent encore rouler en voiture. Et les perspectives sont inquiétantes. Il suffit pour s’en convaincre de prendre l’exemple du groupe Stellantis (qui rassemble Peugeot, Citroën, Opel, Alfa Romeo, Jeep, etc.) chez qui, à partir de 2022 (donc aujourd’hui), la gamme des monovolumes ne sera plus proposée qu’avec des modes de propulsion 100% électriques.

Il s’agit en l’occurrence des Citroën Berlingo, Peugeot Rifter et autres Opel Combo, des voitures familiales qui avaient la réputation d’être spacieuses, polyvalentes, mais aussi très économiques pour les familles. Or, en passant à l’électrique, ces modèles vont tous devenir plus chers d’environ 15.000 euros. Cherchez l’erreur !

Citroën ë-Berlingo Multispace 2022

Le modèle de base du Citroën Berlingo coûte aujourd’hui 21.500 euros, mais il faudra bientôt débourser 38.150 euros pour le ë-Berlingo si vous voulez rester fidèle à la marque. Une opération qui est impossible pour Monsieur Tout-le-Monde qui dispose d’un revenu moyen et avec lequel il faudra bien entendu toujours payer la maison, les frais d’éducation des enfants, etc.

Et il y aura de surcroît d’autres problèmes, plus pratiques ceux-là. Le ë Berlingo ne possède en effet qu’une batterie de 50 kWh qui limite l’autonomie à quelques 281 km (WLTP). Il ne faut pas être devin pour imaginer la suite : l’infrastructure de recharge dans notre pays et en Europe n’étant pas encore bien développée, il faudra que les utilisateurs planifient bien leurs déplacements. Et avec ça, on n’a pas encore évoqué les vacances annuelles que la famille prend habituellement au soleil, c’est-à-dire dans les pays du sud.

Amendes européennes pour le CO2

Bien entendu, la soudaine « stratégie verte » de Stellantis ne découle pas d’une prise de conscience écologique de la direction, mais bien de satisfaire à la politique européenne de réduction constante des émissions de CO2 qui – c’est pratique – est assortie d’amendes pour les marques qui ne s’y conformeraient pas.

C’est cette situation qui conduit aujourd’hui à un remaniement dans l’urgence des gammes, avec l’élimination des modèles les moins efficaces ou qui offrent des marges bénéficiaires plus faibles. Et ce sont évidemment les voitures populaires et abordables comme le Citroën Berlingo, le Peugeot Rifter et l’Opel Combo qui se retrouvent en première ligne. Si Stellantis a pris cette décision stratégique, on imagine que d’autres marques vont rapidement suivre le mouvement.

Ce n’est pas une coïncidence si l’électrification a d’abord été initiée dans les segments supérieurs sur les modèles les plus chers et qui s’adressent principalement à un public plus aisé ou aux personnes disposant d’une voiture de fonction. Pour Monsieur Tout-le-Monde, qui doit payer de sa poche son automobile, l’avenir avec la voiture électrique s’annonce beaucoup moins rose. Pour lui, posséder et conduire une voiture sera bientôt beaucoup plus cher, voire inabordable. Est-ce là le but de la nouvelle politique verte de nos décideurs ?

Une nouvelle voiture à prix réduit

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