Marché auto

Des Ladas livrées sans ABS ni airbags

L’industrie automobile russe souffre également, tant de la crise économique nationale que du boycott international. C’est pourquoi un plan d’urgence entre en vigueur pour maintenir la production avec des modèles pour le moins dépouillés.

Écrit par Alain De Jong | 21/05/2022

L’industrie automobile russe n’a jamais été un exemple dans le domaine des innovations technologiques ou de la créativité frénétique ! Il suffit de penser aux Lada qui ont longtemps été l’objet de moqueries dans le monde occidental en raison de leur conception spartiate et de leur triste niveau d’équipement. Récemment, cependant, on a constaté une amélioration notable des produits russes, qui est principalement due à la coopération avec les marques automobiles occidentales. Ces dernières sont de plus en plus présentes sur ce marché non négligeable et à fort potentiel de croissance.

Plan d’urgence 

Cependant, l’invasion russe de l’Ukraine a également signifié que l’industrie automobile a dû faire face au boycott international contre le pays de Poutine. Cela signifie que de nombreux constructeurs ont arrêté leurs ventes et leur production en Russie et que les fournisseurs de composants ont cessé d’expédier leurs commandes. Le résultat est que l’industrie automobile russe risque à terme d’être complètement anéantie.  Les Russes ont tout de suite réagi et ont immédiatement élaboré un scénario d’urgence pour produire des versions plus simples des modèles existants, sans certains composants qui font défaut pour l’instant ou qui sont moins disponibles.

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L'industrie automobile russe doit passer à un plan d'urgence pour survivre.

Ainsi, les médias russes ont rapporté qu’après une série de tests, le groupe automobile AvtoVAZ va commencer à produire une variante simplifiée de la Lada Niva Travel. Ce SUV utilise des moteurs essence Euro 2 et ne comprend ni d’ABS ou d’airbags, et encore moins d’ESP (système de stabilisation électronique). AvtoVAZ envisagerait également de fabriquer des versions plus simples des autres modèles Lada – Granta, Vesta et Niva Legend – sans systèmes d’assistance électronique, ni gadgets modernes, qui nécessitent des capteurs et des puces venus de l’étranger.

De cette manière, la direction de l’entreprise espère atteindre rapidement l’ancien niveau de production. Un détail amusant : ces versions dépouillées sont étiquetées “SE”, ce qui signifie “Special Edition”.

La production va-t-elle s’arrêter ? 

Les observateurs s’attendent à ce que le retrait de Renault d’AvtoVAZ finissent par causer encore plus de problèmes d’approvisionnement pour Lada et les autres marques automobiles russes du groupe. Il est en effet possible que d’autres fournisseurs de composants ne soient pas trouvés immédiatement en Asie. Du coup, il est possible que la production automobile d’AvtoVAZ reste longtemps à un niveau inférieur, que plusieurs modèles soient abandonnés et que l’entreprise finisse par arrêter complètement ses activités.

Avec ces nouvelles versions dépouillées, la vieille blague sur les Lada prend un nouvel essor : « Comment doubler la valeur d’une Lada ? – En lui ajoutant des équipements ! ».

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