Où va Fiat ? C’est la question que se sont posés nombre d’observateurs après le dévoilement l’an dernier du plan quinquennal de FCA (Fiat-Chrysler Automobiles) par feu Sergio Marchionne. Celui-ci mettait en avant les marques de luxe (Maserati et Alfa Romeo) et tout-terrain (Jeep et RAM) au détriment de Fiat, reléguée à un rôle de second couteau. Aucune grande nouveauté n’était annoncée pour la marque, qui semble confinée à se complaire dans la monoculture 500 (ou quasiment).

En effet, la plupart des modèles du constructeur sont aujourd’hui des déclinaisons du modèle emblématique lancé en 2010 : 500L, 500L Living et 500X. Une gamme complétée des Panda, Tipo et 124 Spider. L’avenir de ces deux dernières étant des plus incertains puisque Marchionne lui-même disait que la place de Fiat devait être « redéfinie » en Europe pour capitaliser sur ce que la marque « fait de mieux » : Panda et 500.

Dans ce sombre dessein, l’arrivée de la 500 électrique s’annonce donc capitale. Premièrement parce que si l’on omet les restylages, mises à jour techniques et innombrables séries spéciales de la 500, la marque n’a plus présenté de nouveauté depuis 2015 (Tipo et 124 Spider). Cette nouvelle 500 devrait donc apporter un peu de fraicheur à la gamme.

Ensuite, dès 2021 entreront en vigueur les nouvelles normes CAFE, instaurant aux constructeurs un plafond à 95 gr/km de CO2 de moyenne pour l’ensemble de leurs gammes. Dans ces conditions, sans électrique, point de salut, d’autant que chaque voiture électrique vendue comptera double dans le calcul total des rejets de CO2. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle FCA a récemment « acheté » à Tesla le droit d’ajouter l’ensemble de ses ventes aux siennes. Une solution qui coute très cher à FCA, qui n’a toutefois d’autre choix pour éviter les amendes colossales promises à partir de 2021 vu son retard pris en matière d’électrification.

Enfin, la 500 électrique permettra à Fiat de ne pas se laisser distancer sur le segment des citadines « fashion », puisqu’en plus de la nouvelle Mini Cooper SE, la petite italienne aura affaire à une autre concurrente qui pourrait bien lui causer du tort : la Honda e.