C’est en 2015 que le chamboulement eut lieu. Il n’aura fallu que quelques mois pour voir la valeur des voitures anciennes exploser et atteindre des sommets insoupçonnés ! Une Ferrari Testarossa, par exemple, valait 50.000 € en 2010 et le double en 2015. Une Porsche 911 de l’ère classique (1963 – 1974) valait environ 30.000 € au milieu des années 2000 et… le triple, au grand minimum, dix ans plus tard ! Une Lamborghini Espada est quant à elle, passée de 50.000 € à près de 200.000 € sur le même laps de temps. Que s’est-il passé ? Les valeurs vont-elles continuer à grimper ?

Une histoire connue…

A vrai dire, ce n’est pas la première fois dans l’histoire que la cote des voitures anciennes explose. A la fin des années 80, à la mort d’Enzo Ferrari et en pleine période d’incertitude sur le marché financier, une bulle rouge s’est formée et la cote des voitures portant le cheval cabré a flambé d’une manière aussi brutale… qu’éphémère ! En effet, deux ans plus tard, la bulle explosait et la valeur des Ferrari de collection a dégringolé aussi vite qu’elle n’a grimpé… Les choses sont par la suite, reparties gentiment à la hausse pendant 25 ans pour ensuite, flamber brutalement.

Comment expliquer ce regain d’intérêt ?

Divers facteurs peuvent expliquer ce phénomène : les faibles taux d’intérêts, la médiatisation du milieu, la croissance du nombre d’événements dédiés… Sans compter l’effet « mode » et la spéculation « boule de neige » évidemment !

Et sur le long terme ?

Toutefois, cette hausse des prix n’aura pas fait long feu. Mais contrairement à ce qui s’est passé il y a trente ans, les valeurs ne sont pas drastiquement rechutées. Certes, certaines voitures ont pris un coup dans l’aile, à l’instar des Porsche 911 2.7 Carrera RS, Ferrari Testarossa et 250 GT/E… Mais dans de manière générale, le marché, après avoir connu un tassement sensible, semble se stabiliser. Voilà une preuve que le marché n’est non plus entre les mains des spéculateurs, mais bien des amateurs. Nous sommes un peu entre deux phases : il est trop tard pour vendre et peut-être encore un peu trop tôt pour acheter.

Avec l’aseptisation générale des véhicules modernes et les normes toujours plus contraignantes pour ces dernières, l’attrait envers ces voitures « authentiques », à la conduite « sans filtre » pourrait se voir renforcé… Reste à savoir quelle sera la position de la jeune génération vis-à-vis de ce « patrimoine roulant ».

Quid des menaces environnementales ? Ont-elles un avenir sur nos routes ?

On peut également supposer qu’avec toutes les mesures prises par les divers gouvernements pour limiter l’usage des véhicules les plus polluants, l’avenir des voitures anciennes semble plus qu’incertain. Vraiment ? Voilà qui n’est pas tout-à-fait sûr. Certes, les propriétaires seront sans doute limités dans leur kilométrage annuel, mais cela n’est finalement pas un gros problème, les véhicules de collection parcourant en moyenne, 1.500 km par an, selon une récente étude de la FBVA. De plus, l’énergie dépensée lors de la production de ces voitures est amortie depuis des décennies ! Alors ? Faites-vous plaisir ! Mais ne songez pas à un éventuel bénéfice lors de la revente, songez juste à l’agrément que ces voitures vont vous donner.