ESSAI Ford Explorer Plug-In Hybrid : Les USA à la rescousse !

Si vous avez visité le Salon de Bruxelles, vous avez peut-être été surpris d’y voir cet engin exotique. Que fait-il donc ici ? La réponse est à la fois simple et cocasse… (photos : Dennis Noten)

ESSAI Ford Explorer Plug-In Hybrid : Les USA à la rescousse !

Figurez-vous que si Ford Europe a décidé d’importer ce colosse de sa branche américaine, c’est en raison de… ses émissions de CO2 ! Car avec ses 78 g/km, le super-SUV made in USA est le véhicule le plus “propre” de la gamme Ford actuelle. Avouez que vous ne l’avez pas vu venir, hein !? L’Explorer vient, de manière inattendue, apporter sa précieuse contribution au respect de la fameuse moyenne européenne de 95 g/km.

Typique

De l’autre côté de l’Atlantique, ce cousin américain fait figure de SUV familial typique. Là-bas, ses 5 mètres de long et 2,3 mètres de large sont plutôt standards. Agréable contrepartie : l’espace intérieur, généreux jusqu’à la troisième rangée de sièges (en série sur tous les Explorer “belges”), où même un adulte ne se sentira pas étriqué. Lorsque ces sièges sont en place (on les plie et déplie électriquement), il reste un honorable coffre de 270 litres. En configuration 5 places, on a 635 litres “sous tablette”, ce qui n’est pas formidable pour un engin de ce gabarit, mais reste très suffisant pour une famille normale.

A l’avant bien sûr, c’est Byzance ! Installé dans des “captain chairs” vastes, assez moelleux, électriques, chauffants et climatisés, on est paré pour manger du kilomètre. En tant qu’Européen coupeur de cheveux en quatre, on pourra pinailler sur la présentation pas très raffinée de la planche de bord. Mais au-moins les matériaux sont-ils de bonne qualité, aussi bons (ou presque ?) que dans n’importe quelle Ford européenne.

All included

Autre aspect typiquement américain de l’Explorer : le rapport prix/équipement. Ici, tout est en série : les sièges décrits plus haut, cuir, clim tri-zone, tableau de bord digital à écran 12,3”, système multimédia SYNC3 à écran tactile 10,1”, liste d’aides à la conduite ultra complète, conduite semi-autonome, toit ouvrant, ouverture et démarrage keyless, hayon électrique… Les seuls suppléments sont certaines teintes de carrosserie. La facture minimale pour une version ST-Line est certes de 79.000 euros (et il existe une finition Platinum à 80.000 euros, qui ne diffère que par quelques détails esthétiques). Pas donné ? Pourtant, le Ford Explorer n’a pas le moindre concurrent. Car les seuls SUV hybrides rechargeables disponibles chez nous sont des premiums allemands qui, à puissance et équipement comparables, coûtent au bas mot 15.000 euros de plus. God bless America !

Très au point

La raison de la présence de l’Explorer en Europe est évidemment sa mécanique. Le système hybride associe un moteur électrique à un bon gros V6 essence 3 litres, associé à une boîte auto 10 rapports. L’ensemble envoie aux quatre roues 457 chevaux et la bagatelle de 825 Nm ! De quoi gérer tranquillement les 2.466 kilos de l’Explorer. Outre les nombreux modes de conduites généraux, qui vont du “Normal” au “Trail”, le système hybride a ses propres modes, permettant de s’en tenir au fonctionnement électrique, de laisser faire en mode hybride, de conserver la charge de batterie pour plus tard ou, enfin, de recharger la voiture en roulant. Durant tout l’essai, j’ai laissé faire !

Premier constat : s’il fait froid dehors, l’autonomie réelle des batteries est d’une vingtaine de kilomètres, contre 40 annoncés officiellement (WLTP). Ce furent les 20 premiers kilomètres de l’essai, puisque le mode hybride privilégie l’électricité, n’engageant le V6 que dans quatre cas : à haute vitesse, en forte accélération, quand les batteries sont vides ou encore quand le moteur est nécessaire pour chauffer l’habitacle. Ayant joué le jeu de l’économie, seul le dernier cas s’est présenté à moi et quand je suis arrivé au bout de l’autonomie, ma moyenne était de 1,2l/100km. Dans le cas de figure où on recharge à la moindre occasion, on n’est vraiment pas mal !

Ensuite, on passe en mode réellement hybride, et l’Explorer a un atout : son poids. Celui-ci procure en effet une grosse inertie qui, moyennant un bon sens de l’anticipation, permet de relâcher très tôt l’accélérateur en approche d’un carrefour ou autre, donc de recharger suffisamment les batteries pour un usage partiellement électrique. Total : sur un parcours quotidien typique du Belge qui bosse, soit une cinquantaine de kilomètres, dont 15 d’autoroute, le tout avec une seule charge, on obtient une moyenne de 7,1l/100km. Ce n’est ni fantastique, ni honteux, et on ferait mieux avec des batteries plus en forme (par temps chaud), ou avec plus de batteries. Car un pack de 13,6 kWh (à peu près autant que dans l’Opel Crossland X présenté ici le mois dernier), c’est peut-être un peu chiche pour un SUV de cette catégorie. Et pour que le portrait soit complet, sachez que sur la route des vacances, à vitesse autoroutière stabilisée, vous ne consommerez pas loin de 10 litres.

Bref, tout américain qu’il soit, l’Explorer n’est pas complètement “hors sujet” en Europe, d’autant que son comportement sain et assez rigoureux, ses suspensions confortables et son maintien de caisse dans les normes, en font un véhicule à la hauteur des critères européen, avec une touche d’exotisme en plus.

Conclusion

Clairement, le Ford Explorer n’est pas un véhicule qui vous offrira une image écolo. Mais si c’est le cadet de vos soucis, et que vous cherchez un véhicule économique et pas cher comparé aux européens, on peut parler de maître achat !

L’Explorer Plug-in Hybrid en quelques chiffres

Moteur : V6, turbo essence, 2.956cc + moteur électrique ; 457ch à 5.750tr/min ; 840Nm à 2.500tr/min.

Transmission : aux 4 roues.

Boîte : auto 10 rapports.

L/l/h (mm) : 5.046/2.107/1.778

Poids à vide (kg) : 2.466

Volume du coffre (l) : 635 – 2.274

Réservoir (l) : 68

0 à 100 km/h (sec.) : 6

Prix : 79.000 € TVAC

Puissance : 457 ch

V-max : 230 km/h

Conso. mixte : 3,1 l/100km

CO2 : 78 g/km