Les annonces internes chez Porsche ont de quoi surprendre ces dernières semaines : la marque a indiqué que c’en était terminé le tutoiement entre collègues tout comme la possibilité de venir travailler en tenue décontractée. Le moins que l’on puisse dire c’est que le nouveau directeur de Porsche, Michael Leiters qui a pris la succession d’Oliver Blume, a décidé de mettre de l’ordre. Et bien évidemment, il ne s’arrêtera pas aux comportements des équipes. Il entend aussi redresser les chiffres, car ceux-ci ont plongé au cours des trois dernières années, au point que le cours de l’action a été divisé par plus que deux sur cette même période.
Des bénéfices amputés
On ne va pas se le cacher : c’est la panique à Zuffenhaussen. Et ça s’explique, car le constructeur de voitures de sport et de luxe de Stuttgart reste une machine à générer du cash qui a peu d’équivalents dans le secteur. Certes, dans les années 1990 avant la période des SUV, la marque n’écoulait que quelques milliers de voitures par an. Mais en 2021, elle a changé d’échelle et a franchi il la barre des 300.000 unités annuelles. Problème : en 2025, ce volume est retombé sous les 280.000 véhicules.
Cette masse de voitures fait toujours entrer énormément d’argent qui entre dans les caisses. L’an dernier, Porsche a réalisé un chiffre d’affaires de 36,2 milliards d’euros, mais son bénéfice est tombé à 413 millions d’euros, soit moins d’un dixième de celui enregistré l’année précédente.
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Les raisons de ce recul sont nombreuses. Il y a notamment les nouveaux droits de douane à l’importation aux États-Unis que Porsche ne peut pas contourner puisqu’il n’y possède aucune usine. Et il y a aussi le marché chinois qui ne semble plus s’intéresser aux voitures allemandes tout simplement parce que les constructeurs locaux innovent plus rapidement et répondent mieux aux besoins des clients locaux.
Faire plus avec moins
« Porsche devra gagner de l’argent avec moins de voitures », a déclaré cette semaine Michael Leiters au quotidien économique allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung. « Nous préparons un avenir avec moins de capacités. » Leiters a également cité comme problème le centre de développement de Weissach qui lui apparaît comme surdimensionné.
L’année dernière, Porsche a déjà supprimé près de 4.000 emplois et a lancé un plan d’économies. Et il va y en avoir un nouveau que le boss entend faire valider avant les congés annuels.
Pour ses futurs modèles, Porsche entend renforcer sa collaboration avec sa marque associée, Audi. Cela a déjà été le cas par le passé comme pour le premier Macan, développé sur la base du Q5 ou encore pour le duo électrique Taycan/E-tron GT.
Un modèle au-dessus de la 911 ?
Le marché reste difficile. Les États-Unis ont tourné le dos à la voiture électrique depuis l’arrivée de Donald Trump alors que la Chine connaît le mouvement totalement inverse. En Europe, la situation est plus nuancée : le marché des voitures électriques de luxe reste important, mais les acheteurs de voitures de sport continuent de privilégier le moteur thermique. Pour un constructeur comme Porsche qui se trouve à la croisée des chemins, faire les bons choix est un exercice d’équilibriste.
Le Frankfurter Allgemeine Zeitung indique en tout cas que l’avenir du nouveau grand SUV – plus imposant que le Cayenne et connu sous le nom de code « K1 » – est incertain. Ce modèle est actuellement en développement, mais il faudra voir s’il sera effectivement commercialisé.
En revanche, l’arrivée de la 718 électrique est confirmée. Ce modèle aurait dû être lancé l’année dernière, mais Porsche a longtemps hésité avant de franchir le pas. « Nous voulons continuer à attirer de nouveaux clients vers la marque », a expliqué Michael Leiters. Hormis les versions d’entrée de gamme du Macan, Porsche ne dispose aujourd’hui plus d’aucun modèle à moins de 100.000 euros dans son catalogue, car les 718 Boxster et Cayman ont désormais disparu de l’offre.
La question de savoir si la Panamera et la Taycan continueront à coexister sera plus claire d’ici la fin de cette année. La 911 reste évidemment intouchable, mais Porsche souhaite désormais proposer une voiture de sport dans une catégorie de prix supérieure, un territoire dominé aujourd’hui par Ferrari.
Ferrari et McLaren
Michael Leiters connaît justement bien la marque au cheval cabré. Après un premier passage chez Porsche où il a notamment été l’assistant de l’ancien directeur Wendelin Wiedeking et chef de projet du Cayenne, il a travaillé pendant huit ans chez Ferrari.
Grâce à son expérience dans le domaine des SUV, il a contribué à mener à bien la naissance du Purosangue. Il a ensuite rejoint McLaren, où il a occupé le poste de directeur général pendant trois ans. Là aussi, il a lancé le développement d’un SUV, un modèle qu’on attend toutefois toujours...
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