Mobilité

Réserver des voies de circulation aux covoitureurs ?

Partout en Europe, les gouvernements souhaitent bouter les voitures des villes pour privilégier les transports en commun ou les autres formes de mobilité douce. La ville de Paris compte à ces fins réserver une voie du périphérique aux personnes qui covoiturent ainsi qu’aux bus des transports publics. Une bonne idée pour convertir les citoyens ou de nouveaux embouteillages en perspective ?

Écrit par Alain De Jong | 26/11/2021

Le boulevard périphérique est l’un des axes de circulation les plus fréquentés de France. Il accueille en effet plus de 1,2 million d’usagers chaque jour dont la plupart ne se promène pas pour le plaisir.

En effet, 40 % du trafic est du aux résidents de la capitale française qui se rendent au travail. Fort de ce constat, le conseil municipal souhaite prendre des mesures pour réduire le nombre de déplacements ce qui permettrait aussi, outre les files, de réduire pollution de l’air et pollution sonore causée par le trafic.

L’une des mesures sur la table consiste à réserver l’une des quatre voies de circulation au trafic public et au covoiturage. Cela signifie que la capacité du périphérique sera, d’un seul coup, réduite de 25 %, sans aucune alternative. La ville part toutefois du principe que les personnes concernées utiliseront automatiquement plus les transports publics ou qu’elles partageront leur voiture avec d’autres. (lire plus sous la photo)

carpool

Mais ça, c’est évidemment la théorie. Dans la pratique, toutes les personnes ne se rendent pas au travail en utilisant les transports publics, car certaines d’entre elles ont des impératifs et des horaires parfois différents. De la même manière, le covoiturage n’est pas non plus possible pour tout le monde.

Prenons l’exemple d’une famille par exemple qui devra d’abord déposer les enfants à l’école. Ou celui d’une personne qui ne possède pas de collège dans un environnement proche. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que cette initiative ne fasse pas consensus. En outre, la suppression pure et simple d’une voie sur l’un des axes les plus fréquentés de la ville ne manquera probablement pas de provoquer de gros embarras de circulation.

Consultation populaire

Parce qu’il s’agit d’une décision finalement délicate à prendre, la région Île-de-France a décidé d’organiser un référendum sur la question jusqu’à la fin de ce mois. Pendant ce laps de temps, tous les habitants pourront faire entendre leur voix. La mairie de Paris a déjà pris diverses mesures pour bannir les voitures du centre-ville ainsi que pour réduire drastiquement la vitesse de circulation en instaurant une zone 30 très étendue géographiquement.

Le cas de la France n’est pas unique. Dans notre pays aussi, des voix s’élèvent pour limiter la circulation automobile sur les rings de Bruxelles et d’Anvers, avec le prétexte de réduire le bruit et la pollution au détriment de la fluidité du trafic. Et là aussi, aucune alternative viable n’est proposée aux usagers.

On ne peut pas dire non plus que les transports publics ont fait l’objet d’investissements ces dernières années pour augmenter leurs capacités d’accueil ou étendre le réseau de lignes. Comment dans ces conditions envisager de tels aménagements ? Bonne question !

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