Les routes belges sont dans un état déplorable, ce n’est pas un secret. Et les autorités savent bien que ce sont plusieurs milliards d’euros qu’il faudrait injecter dans le réseau pour le remettre à neuf. Réaliste ? Sans doute pas, car les finances publiques sont dans le rouge. Et il ne faudrait pas non plus croire que les taxes automobiles ou les recettes des amendes servent à réparer les routes : toutes ces contributions reviennent dans un pot commun qui sert à alimenter d’autres politiques.
Bref, les automobilistes devront donc au mieux prendre leur mal en patience et accepter d’arpenter un réseau qui est considéré comme pire que celui de l’Ouzbékistan, selon un classement du Forum économique mondial. Pas vraiment reluisant. Pour la petite histoire, il se dit que, outre le centre d’essai de Lommel, les essayeurs de Ford (aussi basés à Cologne) utilisent régulièrement une route très abîmée et proche de la frontière allemande (région d’Eupen). Notre réputation dépasse donc largement les frontières...

76.973 signalements en 2024
Mais où se trouvent les pires tronçons de Belgique ? On a trouvé la réponse grâce à Coyote, l’assistant routier qui permet aux utilisateurs de remonter des informations sur les accidents, les rétrécissement, les objets sur la voie, les embouteillages et... les routes dégradées. Ce qui est intéressant, c’est que l’analyse ne se base pas uniquement sur les remontées des utilisateurs, mais aussi sur la vérification des informations puisque les autres utilisateurs qui empruntent le tronçon incriminé sont invités à confirmer ou infirmer l’information.
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En 2024, les utilisateurs de Coyote (plus d’un million d’utilisateurs, ce qui procurent une certaine qualité d’information) ont référencé 76.973 lieux comportant des routes dégradées. C’est un chiffre évidemment énorme. On constate en outre que les remontées de dégradation concernent surtout les mois d’hiver, ce qui est logique puisque le froid, l’humidité et le sel contribuent à la formation de nids de poule – 7.707 alertes en janvier, 10.822 en février, 10.508 en mars, 9.717 en avril contre 5.176 en juillet et 4.296 en août, le chiffre le plus bas.
Quels endroits ?
Coyote a dressé un « top » des routes les plus dégradées province par province. Commençons avec celle d’Anvers où les signalements concernent surtout l’Antwerpsebaan (et dans les deux sens) et la Noorderlaan. Mais le Ring n’est pas en reste, surtout à Merksem ou Borgerhout.

En Brabant flamand, c’est surtout le Ring autour de Bruxelles qui présente des besoins de réparation. C’est notamment le cas à Tervuren (dans les deux sens) ainsi qu’à Drogenbos. A Overijse, c’est la E411 qui pose problème. Sur le réseau secondaire, il faut épingler la chaussée d’Alsemberg à hauteur de Braine-l’Alleud de même que – en pire encore – la Duboislaan à Rode-Saint-Genèse ou encore la chaussée de Malines à Nosseghem. En Brabant wallon, la E19 (A7) est pointée du doigt par les automobilistes à hauteur de Nivelles (225) et ce dans les deux sens de circulation. La chaussée de Namur à Sart-Dames-Avelines (deux fois) et la chaussée de Nivelles, à Braine-l’Alleud et Ophain sont aussi pointées du doigt.
En Flandre occidentale, le gros point noir concerne l’A17 à hauteur de Bellegem puis la Elverdingestraat à Woesten. On note aussi des difficultés rencontrées sur certaines voies rapides et autoroutes, comme l’A10 à Oudenburg, l’A14 à Marke, l’A19 à Menen, mais dans une moindre mesure qu’à Bellegem.
En Flandre orientale, c’est à proximité d’Anvers que les problèmes de qualité du revêtement sont les plus prégnants, spécifiquement à Kallo sur les Rings 1 et 2. La localité concentre aussi les problèmes sur les routes secondaires, comme la route qui mène à Beveren. Certains tronçons sont aussi problématiques autour de Maldegem et d’Oudenaarde.

En province de Hainaut, la rue d’Élouges à Élouges récolte tous les « suffrages » avec respectivement 388 signalements dans un sens et 373 dans l’autre. Un vrai gruyère donc. Il faut aussi noter les dégradations sur le N5 à Mellet, celles rue des Sablières à Bouffioulx ou encore sur le boulevard périphérique à Châtelet.
Dans la province de Liège, c’est la rue de Tihange à Jehay-Bodegnée qui est la plus souvent identifiée par les automobilistes, tout comme l’E42 à Milemort ou encore la chaussée de la Troque à Seraing ou la rue de Hamoir à Huy.
Dans le Limbourg, les problèmes de routes sont plus clairsemés. Il faut épingler notamment la Koning Boudewijnsnelweg à Hoeselt, la Romeinse Kassei à Vechmaal, la Nieuwstraat et la Verbindingsslaan à Diepenbeek ainsi que plusieurs tronçons disséminés sur les territoires de Borgloon, Brustem, Heusden et Lummen.
La province du Luxembourg est moins fréquentée et, en toute logique, les cas de remontées sont moindres. Mais ça n’empêche pas qu’il existe des points noirs, comme
Luxembourg comme sur le territoire d’Arthus où la Grand-Rue, la rue de la Jonction et l’avenue de la Libération sont particulièrement problématiques. D’autres signalements ont été enregistré, comme sur l’A4 (E411) à Transinne ou sur la N81 à Messancy.
Enfin, en province de Namur, les routes les plus dégradées sont la route Charlemagne à Dinant et à Foy-Notre -Dame, mais aussi la rue de France à Yves-Gomezée. La N98 à Auvelais est aussi pointée par le bouton Coyote. Notons qu’en province de Namur, la qualité des autoroutes est particulièrement touchée avec des signalements nombreux au niveau de la E411 à Sart Bernard ainsi qu’à Wierde. Idem dans l’échangeur de Daussoulx (E411-E42) lamentablement entretenu alors qu’on sait pertinemment bien que les échangeurs restent des portions plus dangereuses. Comble du comble : c’est juste à côté du Centre Perex qui gère l’infotrafic pour la région...
Tout ceci nous démontre encore une fois le besoin criant d’investissements, mais aussi le fait que Coyote, le petit boîtier antiradar du début, a évolué en une aide à la conduite précieuse. Pour Vincent Hébert, Directeur général de Coyote, « L’objectif de cette alerte, est comme toujours avec Coyote, d’avertir le conducteur qu’il doit ralentir et redoubler de vigilance, car une perturbation, ici une chaussée déformée, est devant lui. Ce type de signalements évite donc les freinages intempestifs d’urgence au dernier moment et ainsi un risque d’accident. Pour nous chez Coyote, la sécurité des automobilistes c’est notre responsabilité ! » Espérons que les recherches en matière de routes autoréparantes telles que présentées ces derniers jours puissent aussi constituer à terme une solution.
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