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Taxation des utilitaires en Belgique : un régime plus doux

Les utilitaires sont nombreux dans notre pays. Leur usage est évidemment nécessaire pour assurer certaines professions ou le transport de nos biens, mais ils sont aussi de plus en plus plébiscités par le grand public qui y trouve plusieurs avantages, dont une fiscalité plus douce. Explications.

Écrit par David Leclercq | 19/05/2021

Les utilitaires en Belgique, c’est un sacré marché. Les routes belges en comptent en effet plus de 900.000 en circulation. Les ventes de nouveaux véhicules utilitaires tournent chaque année autour des 15.000 unités. Ces véhicules sont évidemment incontournables pour une série de professions qui nécessitent de transporter du matériel lourd ou de déplacer des objets encombrants. Cela dit, les utilitaires séduisent aussi les particuliers qui y trouvent un moyen d’adoucir la fiscalité.

VU et VU

Quand on parle véhicule utilitaire (ou « VU »), on pense naturellement à la camionnette de l’artisan du coin. Cela dit, l’utilitaire léger revêt plusieurs formes et il peut de ce fait constituer aussi un véhicule adapté au quotidien des particuliers. Certes, il faudra s’accommoder de quelques contraintes, mais pour certains, c’est bien peu en regard des avantages fiscaux accordés aux VU. Il faut d’abord commencer à définir ce qu’est considéré comme un utilitaire léger. Un VU, c’est :

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  • Un véhicule dont la masse autorisée ne doit pas dépasser pas 3.500 kg ;
  • Dont la longueur de l’espace de chargement doit être au moins égale à 50% de la longueur de l’empattement ;
  • Dont l’espace de chargement doit être pourvu, sur toute sa surface, d’un plancher horizontal fixe exempt de tout point d’attache pour des banquettes, sièges ou ceintures de sécurité complémentaires.

Qui peut les utiliser ?

Les VU ne sont pas réservés qu’aux professionnels. N’importe qui peut en acquérir un ou même de transformer un véhicule classique comme un break par exemple en utilitaire léger – en ôtant la banquette et en disposant d’un plancher ad hoc pour autant que l’espace de chargement soit supérieur ou égal à 50% de la valeur d’empattement (soit l’écartement entre les roues avant et arrière). Avantage : réduire la taxation et pouvoir doper la déductibilité. Et ils sont nombreux :

  • Pas de taxe de mise en circulation (et pas de malus CO2 en Wallonie) ;
  • Taxe de circulation réduite, oscillant entre 40 et 150 € maximum ;
  • Frais liés au véhicule (amortissement du prix d’achat, intérêts du financement, assurances, taxes, carburant, entretien, frais de parking, etc.) sont déductibles à 100% de l’usage professionnel, tandis que pour les véhicules privés, ces frais ne sont déductibles qu’à 75% de l’usage professionnel. Attention toutefois, une réforme de la fiscalité prévoir qu’à partir de 2026, ce taux de déductibilité ne soit plus que de 50% ;
  • Droit à un amortissement accéléré (dégressif) ;
  • TVA déductible à 100% de l’usage professionnel et de 50% maximum pour les véhicules destinés à un usage particulier.

Les quelques contraintes d’un VU

On l’aura compris, pour qu’un véhicule soit considéré comme utilitaire, il faut un espace de chargement conséquent. Ce qui signifie que dans le cadre d’une voiture classique qui aurait été transformée, les places arrière disparaissent ne laissant plus que 2 places à bord. Cela dit, il existe une parade : pour ceux dont le transport de la famille (ou de passagers) est une absolue nécessité, il existe les camionnettes ou les pick-up dits double cabine qui permettent précisément de disposer d’un habitacle qui accueille jusqu’à 5 personnes (voir plus pour certains très longs utilitaires). Autre contrainte : l’obligation de passer le contrôle technique tous les ans et pas seulement à partir de la 4e année.

Quelles économies ?

Il va de soi que l’intérêt de passer à un utilitaire est plus intéressant dans le cas d’un gros véhicule. En effet, s’il s’agit d’un break à motorisation modeste (à plus forte raison lorsque la cylindrée est limitée), le gain ne sera que symbolique. En revanche, si vous vous intéressez à un Volkswagen Touareg 3.0 TDI 211 ch d’un peu plus de 63.000 euros, il vous en coûtera 4957 € de TMC en Wallonie et à Bruxelles (+375 € de malus CO2) et près de 850 € de TC. C’est un peu moins cher en Flandre : 1675 € de TMC et un peu plus de 1000 € de TC. Pour le pick-up Amarok équipé du même moteur, mais un peu plus puissant (258 ch), le prix d’achat tombe autour des 60.000 €, mais avec une TVA déductible à 50% si vous êtes un particulier (100% si vous êtes pro). Et pour les taxes : rien à l’immatriculation et seulement 154 € de taxe de circulation par an. Autant dire une sacrée différence et cela au sein des 3 régions. Attention toutefois, le gouvernement va fixé de nouvelles règles à partir de 2026 en lien avec le verdissement électrique du parc des voitures de société (seules les électriques seront encore déductibles). À ce titre, on évoque une déductibilité de seulement 50% et plus de 100%.

Une sportive aussi considérée comme utilitaire ?

Vous voulez une Audi RS6 déductible à 100% : c’est possible, mais, comme évoqué, elle ne disposera plus que de deux places et elle devra passer tous les ans au contrôle technique. Les sociétés de transformation sont nombreuses. Elles supprimeront la banquette et les points d’ancrage de ceintures et monteront un plancher de chargement avec rebord de 20 cm derrière les sièges avant pour retenir le chargement en cas de freinage. Comptez de 1500 à 2000 euros pour la transformation du véhicule et son homologation.

Double cabine ? C’est quoi ?

Les doubles cabines, ce sont des véhicules qui disposent de 2 rangées de sièges et peuvent de ce fait embarquer plus de monde. Cela dit, il faut que la longueur de chargement de minimum équivalent au moins 50% de l’empattement. Notons d’une paroi de séparation entre la cellule habitable et l’espace de chargement est imposée dans le chef de ces véhicules double cabine.

Pick-up : toujours considérés comme utilitaire

Les pick-up existent naturellement en version double cabine. C’est leur grand intérêt d’ailleurs. Cela dit, souvent la surface de chargement n’atteint alors plus 50% de la longueur de chargement. Qu’en penser ? Rien, car les pick-up sont toujours considérés comme des utilitaires, y compris ces versions doubles cabines qui dérogent aux règles de base.

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