Électrique

Carlos Tavares prévoit des pénuries de batteries dès 2024

La transition vers la voiture électrique est-elle trop rapide? De plus en plus d’experts et d’industriels le pensent. Parmi ceux-ci, Carlos Tavares, le patron de Stellantis, qui prévoit déjà des pénuries de batteries dès 2024.

David Leclercq David Leclercq | Publié le 03/06/2022 | Temps de lecture : 4 min

La transition vers la voiture électrique est-elle trop rapide ? C’est actuellement la question qui se pose. Car de plus en plus d’économistes et d’industriels mettent en garde contre cette fuite en avant forcée par la Commission européenne : plus aucune voiture thermique ne pourra être vendue à partie de 2035. Or, les manques anticipent cette date et beaucoup d’entre elles ont annoncé leur projet de sortir totalement du thermique (en Europe) d’ici à 2030. Une échéance qui accroît encore un peu plus la pression sur le secteur ainsi que sur les chaînes d’approvisionnement qui connaissent déjà de sérieuses ruptures qui, paraît-il, sont parties pour durer.

À ce sujet, les patrons de l’automobile sont déjà montés au créneau, indiquant que leurs capacités de production ne pourraient pas suivre. Mercedes et Volkswagen ont déjà indiqué qu’ils ne pouvaient pas faire face à la demande – qui, rappelons-le, est encore loin de représenter la majorité – et que les quotas de production des voitures électriques étaient déjà atteints pour 2022 alors que nous ne sommes qu’au mois de juin…

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Une alerte de plus

Pour le PDG du groupe Stellantis, la transition va trop vite. Elle risque de péricliter.

La situation semble tellement préoccupante (ou ubuesque, c’est selon) que le patron de Stellantis, Carlos Tavares est à nouveau monté au créneau en exprimant clairement les menaces qui planent sur la transition vers la voiture électrique.

Nous vivons dans un monde darwinien, où ceux qui survivent sont ceux qui s’adaptent. Et nous devrons nous aussi nous adapter, si cette réalité se matérialise.

Si Carlos Tavares reconnaît que le passage à la voiture électrique est une bonne chose pour l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique, il tire en même temps la sonnette d’alarme, car la transition est « si rapide que la chaîne d’approvisionnement et la capacité de production n’ont pas le temps de s’adapter ».

L’homme fort de Stellantis craint dès lors des pénuries de batteries dès 2024-2025. Et ce ne serait qu’un début, car cette pénurie de batteries pourrait être suivie d’une pénurie générale de matières premières nécessaires aux véhicules électriques, un nouveau bâton dans la roue qui pourrait, lui, intervenir en 2027 ou 2028. Les constructeurs et fournisseurs devraient alors s’adapter, d’où sa référence à Darwin.

50% plus cher

Carlos Tavares avait déjà mis en garde les autorités européennes sur la capacité et le réalisme de la transition vers la voiture électrique. La volonté d’aller vite de la Commission entraîne pour les constructeurs une précipitation et, avec elle, une augmentation des coûts (recherche, développement, production, etc.) de 50% par rapport à une voiture thermique conventionnelle. Dans ce contexte, on comprend que l’augmentation des volumes produits de véhicules électriques ne permettra pas de faire diminuer les prix, ce qui signifie que celles-ci risquent de rester inabordables pendant encore un certain temps…

Une usine de raffinage de lithium pour les batteries de voitures électriques sera construite au Portugal.

Dans ce contexte difficile, Stellantis essaie de prendre les devants, notamment en créant de nouvelles usines. C’est dans ce cadre que le groupe a d’ailleurs annoncé il y a quelques jours une coentreprise avec Samsung et l’ouverture d’une nouvelle unité de production à Kokomo dans l’Indiana (États-Unis). Cette usine de batterie aura une capacité de production de 33 GWh et emploiera 1.400 personnes.

Cela dit, l’unité ne sera opérationnelle qu’en 2025. Il semble que cette démarche soit aussi celle des autres constructeurs. Elon Musk, qui ne construit que des voitures électriques, a pour sa part indiqué que son intention était de mettre la main sur un mine de lithium. Rien de moins. La transition vers la voiture électrique va être semée d’embûches. On se demande quand la Commission prendra enfin en compte la réalité.

Partager l’article

En savoir plus sur


Dernières infos

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Gocar c'est aussi plus de 30.000 véhicules de stock !

Découvrez toutes les actualités

Articles liés au même sujet

Newsletter

Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité.

Des véhicules pour vous

Voitures

A la une

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Publicité