Énergie

De l’hydrogène vert à partir de déchets alimentaires ?

Les trouvailles pour produire de l’hydrogène vert se multiplient. Après les Belges de la KU Leuven qui testent une production à partir du soleil et de la vapeur d’eau en suspension dans l’air, voici l’H2 issu des déchets alimentaires. De quoi booster la voiture à hydrogène ?

Écrit par David Leclercq | 22/06/2022

La voiture à hydrogène est une réalité, mais elle reste (trop) boudée ces dernières années face à une voiture électrique à batteries qui semble recevoir la préférence des constructeurs. Du moins pour l’instant. Actuellement, ce qui freine la voiture à hydrogène n’est pas sa technologie, mais plutôt le réseau d’approvisionnement trop limité de même que la production d’hydrogène qui se doit d’être absolument verte (et donc pas issue de l’utilisation de gaz, de charbon ou d’énergie nucléaire pour être produit).

Cela dit, il n’est pas impossible que la voiture à hydrogène prenne sa « revanche » rapidement, notamment parce que les chercheurs multiplient les trouvailles ces derniers mois afin de produire de l’hydrogène de manière totalement propre. C’est notamment le cas de la KU Leuven dont une équipe a mis au point une sorte de panneau photovoltaïque très compact qui permet de produire de l’hydrogène vert à partir du soleil et de la vapeur d’eau en suspension dans l’air.

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À partir de déchets alimentaires

Désormais, il est aussi possible de produire de l’hydrogène vert à partir de déchets alimentaires, une technique mise au point par l’université de Purdue Northwest à West Lafayette en Indiana (USA). Il s’agit d’un système de production biologique que les chercheurs ne détaillent actuellement pas. Mais on imagine qu’il doit s’agir du même principe que la biométhanisation qui produit de l’énergie, elle-même alors utilisée pour produire de l’hydrogène.

Les déchets alimentaires constituent – malheureusement dans une certaine mesure – une source potentielle d’énergie très importante, car la masse de nourriture gaspillée chaque année dans le monde dépasse le milliard de tonnes. Rien qu’aux États-Unis, 30% de la nourriture produite terminerait à la poubelle ce qui représente une valeur de 48 milliards de dollars

L’université a déjà déposé deux brevets pour ce processus et un troisième qui permettrait une production de H2 à grande échelle est en cours d’approbation apprend-on. L’affaire est donc très sérieuse et d’autant plus que le Département américain de l’Énergie y croit aussi : celui-ci a octroyé des subventions à l’équipe de recherche pour 800.000 dollars au cours de ces 8 dernières années.

Un aboutissement d’ici 9 mois ?

Les trouvailles pour produire de l’hydrogène se multiplient. Les aliments pourraient aussi être source de production.

Selon les chercheurs, le processus de production à grande échelle pourrait aboutir d’ici 9 mois tandis qu’un accord commercial aurait déjà été trouvé avec une grande entreprise versée dans l’énergie, mais dont le nom reste encore tu. Si le dispositif fonctionne, il pourrait donc constituer une source de production d’hydrogène qui serait locale, flexible et aussi totalement verte.

C’est une nouvelle avancée, même si on se dit que si tout cela fonctionne, c’est que nous continuons à gâcher trop de nourriture alors que des pénuries alimentaires guettent. Sans vouloir jouer les oiseaux de mauvais augure (car le système semble génial), il n’est pas certain en effet que dans un contexte d’explosion des prix des denrées alimentaires, le business model de cette production d’hydrogène tienne la route très longtemps.

Cela dit, il s’agit d’un nouveau moyen de produire de l’hydrogène vert à une époque où le gaz naturel reste la principale source de production.

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