ESSAI Maxus EV80 : Un Chinois électrique très autonome

Si nous l’avons déjà comparé aux Renault Master Z.E. et Volkswagen e-Crafter dans notre supplément dédié à la mobilité vertueuse #We Are Mobility, nous n’avions pas encore livré notre avis complet sur le Maxus EV80, nouveau venu sur le marché du fourgon électrique en Belgique. Nous l’avons donc repris en main pour vérifier si la bonne impression qu’il nous a laissée se confirme.

ESSAI Maxus EV80 : Un Chinois électrique très autonome

Le nom de Maxus ne vous dit sans doute pas grand-chose. Il s’agit pourtant de la marque d’utilitaires électriques du groupe SAIC, premier groupe automobile chinois, à qui appartient également la marque MG. Comme cette dernière, Maxus puise ses racines en Angleterre, où cet EV80 est né LDV (Leyland Daf Vans) Maxus dans les années 2000, alors avec un moteur diesel. Ce n’est qu’après son rachat par les Chinois que le Maxus sera converti à l’électricité pour devenir une marque à part entière, désormais importée chez nous par Alcomotive, la branche automobile de la société Alcopa. Mais cet EV80 n’est que la figure de proue d’une gamme complète qui devrait débarquer dès les prochains mois. Sont ainsi promis pour 2020 l’EV30, un fourgon plus compact (comparable à un VW Transporter), et un plus imposant, l’EV90, du gabarit d’un Ford Transit. Et tous sont électriques, donc.

Back to the 90’s

Extérieurement, ce Maxus EV80 n’étonne guère – c’est rarement le cas dans les segments utilitaires – mais reste relativement dans le coup. L’habitacle a en revanche plus de mal à masquer le poids des ans malgré l’adoption d’un volant moderne et d’un écran tactile de grande taille au centre de la console. Celui-ci donne accès à la gestion du multimédia embarqué et à la connectivité Android Auto et Apple CarPlay, et permet d’afficher l’image de la caméra de recul. Mais ce sont là les seules touches de modernité dans l’équipement : point d’aide au freinage d’urgence, ni de stabilisation au vent latéral, ni même de système de navigation ici. Il faudra pour cela attendre les prochains modèles. Néanmoins, rien ne manque et l’air conditionné, le double airbag, les feux antibrouillard et les rétros électrique font partie de la dotation de série.

Derrière le volant, c’est retour dans les nineties, avec un volant placé très à l’horizontale, qui rappelle à chaque instant que nous sommes bien au volant d’un utilitaire. Cela dit, le siège est plutôt confortable et bien dessiné, et son assise assez haute permet une excellente visibilité.

Légèreté et grande capacité

L’équipement simplifié a l’avantage d’alléger le véhicule « nu », et ainsi permettre l’implantation d’une batterie de plus grande capacité que ses concurrents sans nuire à la charge utile tout en respectant la MMA de 3,5t. Ainsi, ce Maxus peut emmener jusqu’à 950 kg de marchandises et renferme une batterie de 56 kWh sous son plancher. Celle-ci alimente un moteur de 125 chevaux et 320Nm, qui permet de sérieuses prestations sur la route. Comme pour tout électrique, les accélérations sont nettes, les reprises franches, et même avec l’arrière chargé, la puissance permet de conserver une belle sérénité. Le comportement semble en tout cas au niveau de ses concurrents européens. Et puisque le moteur est silencieux, on n’est pas trop gêné par l’insonorisation assez légère de l’habitacle.

La surprise des kilomètres

L’avantage d’embarquer une plus grosse batterie que la concurrence, c’est bien sûr de proposer une autonomie supérieure. Maxus annonce ainsi 192 km d’autonomie sur le papier. Et bien que ces chiffres soient encore annoncés selon la norme NEDC, ils semblent assez fidèles à la réalité. En tout cas, les kilomètres à l’ordinateur de bord s’égrènent en adéquation avec les kilomètres réellement parcourus, sur route et en ville. Ce qui laisse présager d’une tranquillité d’esprit certaine ! Et puis surtout, cette batterie offre l’avantage d’accepter la charge rapide, jusqu’à 30 kWh en courant continu. Cela permet de récupérer jusqu’à 80% d’autonomie en deux heures seulement… ou de précieux kilomètres durant la pause de midi par exemple. Sur une Wallbox de 6,6 kW, une charge complète nécessitera 8,5h.

Enfin, dernier argument du Maxus EV80, son prix, revu à la baisse suite notamment à la diminution du prix du e-Crafter  : 50.900€ HTVA pour la fourgonnette « normale », 49.900€ pour la version châssis-cabine, transformable à loisirs, un autre atout non-négligeable de Maxus !

Conclusion

Sous son look paisible, le Maxus EV80 parvient à convaincre par son autonomie sans concurrence et son agrément routier qui n’a pas à rougir compte tenu de son tarif serré.

Le Maxus EV80 en quelques chiffres

Moteur : électrique, 92 kW, 320 Nm.

Transmission : aux roues avant.

Batterie : Li-Ion 56 kWh.

Temps de charge (h) : 8,5 (Wallbox), 2 (DC 30 kW)

Autonomie NEDC (km) : 192

Vitesse maxi (km/h) : 100

Volume utile (m3) : 10,4 à 11,6

Charge utile (kg) : 910 à 950

Prix (€ HTVA) : 54.990