Essais auto

ESSAI Porsche 718 Cayman GTS : La noblesse des choses “simples”

Entre une GT4 trop radicale et les autres 718 presque “bourgeoises”, voici la GTS, qui réconcilie sportivité et utilisation au quotidien. Et même si avec son 4 litres atmo et sa boîte manuelle Porsche nage à contrecourant, nous, on a adoré !

Écrit par Vincent Hayez | 06/03/2020

Pour commencer, évacuons les chiffres qui fâchent et la polémique qu’ils pourraient susciter : 246g CO2/km et une consommation moyenne de 10,8l/100km… avec un pied relativement léger ! Et encore, Porsche ayant voulu bien faire les choses, le flat 6 de 4 litres est doté d’une commande adaptative qui désactive en alternance l’un des deux bancs de cylindres à faible charge. Donc oui, il paraît plutôt anachronique de doter une auto, fût-elle super sportive, d’un gros moteur sans lui adjoindre un turbo. Mais bref, fin de la polémique et retour dans les palais du plaisir pour profiter de cette œuvre maîtresse dans la galerie du constructeur de Stuttgart…

Sur un filet de gaz

718 Cayman GTS

Car si les autres “718”, Cayman (le coupé) et Boxster (le roadster) sont équipés d’un agréable 4 cylindres, celles qui sont frappées du sigle GTS reçoivent donc un flat 6 atmosphérique issu de la Porsche absolue, la 911. Vous nous direz qu’il y avait déjà la version GT4 et ses 420 chevaux, mais là c’est du brutal, du “pointu”, statut que ne revendique pas la GTS. Au menu donc, l’injection directe d’essence avec injecteurs piézo-électriques et un système d’admission variable. C’est ça la clé du plaisir procuré par un moteur qui reprend dès les plus bas régimes, pour s’envoler jusqu’à 7.800 tr/min. Cette souplesse se marque par une incroyable aisance en utilisation au quotidien. En ville, vous roulez sur un filet de gaz, en 3e par exemple, et vous relancez dès la sortie de l’agglomération. Sans rétrograder, sans effort, avec juste un “ronflement” plus marqué à l’oreille. A ce propos, vous pouvez activer (ou pas) la fonction “bruit” du pot à double clapets actifs, histoire de ne pas vous fâcher avec vos voisins. Seul petit bémol pour cette utilisation “pianissimo” : les belles roues en alliage léger de 20 pouces (peintes en “Satin-Gloss Black”) engendrent quelques chocs lorsque les pavés pointent à l’horizon. Rien de dramatique, puisque les sièges (dont le maintien est parfait) gomment une bonne partie de ces remontées.

Finition au top

718 Cayman GTS interior

À l’intérieur de ces GTS, l’ambiance est au “Black”, selon l’expression Porsche, avec un mélange de cuir, d’Alcantara, de surpiqûres et de logos GTS un peu partout. Comme toujours chez Porsche, la finition et la qualité des matériaux sont au top de la production automobile actuelle. Enfin les GTS 4.0 sont dotées en série d’un écran tactile haute résolution de 7”, et du pack Sport Chrono qui permet d’afficher les données de performance sur l’écran lorsque l’auto est utilisée sur circuit, puis de les enregistrer pour une analyse ultérieure ! C’est justement là, sur un circuit, en l’occurrence celui d’Estoril au Portugal, que le Cayman GTS de notre essai va pleinement s’exprimer. Plus question de demi-mesures ! Le bouton rotatif au volant est pointé sur “Sport+”, tout comme les suspensions du châssis PASM (Porsche Active Suspension Management). Celles-ci sont abaissées de 20 mm par rapport aux 718 classiques et même de 10 mm supplémentaires pour cette version “Sport”.

Le talon pointe électronique

718 GTS

Voilà le moment où le pilote qui nous sert de guide sur le circuit hausse le rythme. Les virages s’enchainent alors à grande vitesse. Avec le moteur arrière central et l’équilibre des masses trouvé par les ingénieurs Porsche, la direction de la 718 GTS parvient encore à nous bluffer. Un véritable bijou d’agrément et de précision. Il faut dire qu’elle vient en droite ligne de la grande sœur 911. Côté boîte – manuelle s’il vous plaît ! – les rapports s’enchaînent sans effort avec un levier qui tombe parfaitement en main. Et pour les amateurs de double débrayage, pas besoin de craindre le talon pointe, la gestion électronique s’occupe de tout dans une harmonie totale, alors que le rythme sur le tracé lusitanien ne faiblissait pas ! Notez encore la présence d’un différentiel arrière autobloquant (mécanique) et de freins dignes de chez Porsche : ils résistent brillamment aux tests sur circuit, même en usage intensif, ce qui est loin d’être le cas chez certain concurrents ! Et si on veut mieux encore, les freins PCCB (Porsche Ceramic Composite Brake) sont disponibles en option.

Conclusion

Parfaite pour tous les jours, parfaite sur circuit, la GTS coûte tout de même 20.000 euros de plus qu’une BMW M2 Competition, seule concurrente propulsion directe. Mais ceci est une véritable Porsche, avec tout ce que cela induit. Et elle est bien moins chère qu’une 911 de base. Tout est donc relatif…

718

La 718 Cayman GTS 4.0 en quelques chiffres

Moteur : 6 cyl. boxer, essence, atmo, 3.995cc ; 400ch à 7.000tr/min ; 420Nm de 5.000 à 6.500 tr/min.

Transmission : aux roues arrière.

Boîte : manuelle 6 rapports.

L/l/h (mm) : 4.405/1.994/1.276

Poids à vide (kg) : 1.405

Coffre (l) : 150 (avant) + 270 (arr.).

Réservoir (l) : 64

0 à 100 km/h (s) : 4,5

Prix : 85.256 € TVAC

Puissance : 400 ch

V-max : 293 km/h

Conso. mixte : 10,8 l/100km

CO2 : 246 g/km

Note de la rédaction

Points forts

  • Quel souffle !
  • Direction et boîte au top
  • Suspensions et freins, même sur circuit
  • Finition, présentation
  • Utilisable au quotidien

Points faibles

  • Équipement en version de base
  • Prix très élevés
  • Options onéreuses

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