Marché auto

Elon Musk : “Il y a toujours un avenir pour le moteur thermique”

Lors de la réunion annuelle des actionnaires de Tesla, le PDG, Elon Musk, a déclaré que « même dans le meilleur des cas, il faudra au moins 30 à 40 ans avant que toutes les voitures à moteur à combustion soient remplacées par des véhicules électriques ». Il y aurait donc encore un avenir pour le moteur thermique ?

Écrit par Alain De Jong | 17/10/2021

Les défenseurs du climat souhaitent que des mesures urgentes soient prises pour lutter contre toutes les formes de pollution de la planète. Dans ce cadre, ils souhaiteraient donc que les voitures équipées de moteurs à combustion utilisant des combustibles fossiles (Diesel, essence, etc.) soient dès à présent mises au rebut. La frange plus sceptique en revanche, estime qu’il n’est pas nécessaire d’aller aussi vite pour que la transition soit économiquement et socialement acceptable pour tous.

Ce dernier point de vue est manifestement, et de manière assez inattendue, aussi celui d’Elon Musk. En effet, le fondateur de Tesla et grand pionnier de la voiture électrique a déclaré lors de l’assemblée annuelle des actionnaires de Tesla que « les véhicules électriques ne remplaceront pas immédiatement toutes les voitures à moteur à combustion. La transition prendra facilement encore 30 à 40 ans ».

2 milliards de voitures remplacées

Cette déclaration d’Elon Musk peut paraître surprenante, mais elle est illustrée par un simple calcul : « Aujourd’hui, environ 2 milliards de voitures circulent dans le monde, sans compter les véhicules de collection ou ceux qui ne sont pas utilisés, et moins de 1 % d’entre elles sont électriques. Même si l’on ne vendait désormais plus que des voitures électriques, il faudrait encore 20 ans pour remplacer tous les véhicules classiques à raison de 100 millions de voitures par an. Par conséquent, une période de transition de 30 à 40 ans me semble beaucoup plus réaliste » a ajouté l’intéressé.

Il est vrai que la demande mondiale pour les voitures électriques n’est pas encore globale et qu’il existe de grandes différences de taux de pénétration des VE dans les parcs automobiles. Dans un pays comme la Norvège ou dans l’État de Californie (USA), les voitures électriques sont déjà très populaires, mais dans d’autres régions du monde, elles ne sont pratiquement pas vendues. Elon Musk s’interroge donc aussi sur ses concurrents, qui ne tarderont pas à accélérer l’électrification, même d’ici quelques années : « Vont-ils soudainement cesser de vendre des voitures thermiques dans ces régions moins développées ou réfractaires si le marché n’est pas prêt pour les véhicules électriques ? ».

Conserver le sens des réalités

Le patron de Tesla appelle donc à une bonne dose de réalisme dans la transition vers la mobilité électrique, qui nécessite une planification et un temps suffisants. Et c’est vrai que c’est un aspect que de nombreux groupes de pression et gouvernements semblent avoir oublié. Le caractère immédiat – ou la volonté – qu’on veut donner à la transition génère une foule de situations paradoxales qui ont tendance à déforcer l’adhésion du public. Et c’est vrai : comment remplacer avec le sourire une voiture Diesel Euro 4 en parfait état de marche par une voiture électrique qui nécessitera la construction d’une nouvelle usine à gaz ?

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