Électrique

« Sans subsides, la voiture électrique ne sera pas accessible pour le particulier »

Interrogée par La Libre Belgique, la FEBIAC, la Fédération belge de l’automobile et du cycle, indique que sans aides gouvernementales, la voiture électrique ne pourra pas constituer une alternative à la voiture thermique pour les particuliers. Vraiment ?

David Leclercq David Leclercq | Publié le 16/02/2022 | Temps de lecture : 5 min

La voiture thermique est censée vivre ses dernières années puisque l’Europe a décidé l’interdiction des ventes de ces modèles en 2035. Et en Flandre, cette interdiction interviendra dès 2029. C’est que l’Europe entend tenir son calendrier très exigeant et arriver à la neutralité carbone pour 2050. Ce qui vaut naturellement aussi pour les transports et donc l’automobile.

À Bruxelles et en Wallonie, il n’y a actuellement aucune intention d’avancer le calendrier comme en Flandre. Cela dit, étant donné que l’interdiction interviendra d’ici 14 ans et que la fiscalité va accélérer le mouvement (seules les voitures électriques seront déductibles dès 2026), il est grand temps de prendre des mesures pour accompagner la transition, que ce soit pour le réseau électrique en général et le réseau de recharge, entre autres.

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La FEBIAC sort du bois

Reste à savoir pour le secteur automobile si la transition vers un parc électrifié reste réaliste ? Et c’est précisément ce qu’a voulu savoir la FEBIAC à travers un ambitieux exercice de projection. Le centre d’étude de la fédération a ainsi tenté d’évaluer quelle serait la part de véhicules électriques en Belgique en 2030.

Les chiffres montrent naturellement que le parc de voitures de société deviendra rapidement électrique, compte tenu de la nouvelle fiscalité envisagée par le gouvernement. Les choses se sont d’ailleurs accélérées puisqu’en 2021, ce sont déjà 9% des nouvelles voitures de société immatriculées qui étaient 100% électrique. Ce n’est qu’un début, car la FEBIAC estime que d’ici 2026 (lorsque les voitures thermiques ou hybrides rechargeables ne seront plus déductibles), c’est 80% des voitures de ce parc qui seront choisies en électrique.

Les particuliers pas logés à la même enseigne

Dans son exercice, la FEBIAC a naturellement aussi évalué quelle serait la part des autres motorisations. Logiquement, la part des hybrides serait réduite de 19% aujourd’hui à 15% tandis que celle des Diesel passerait de 30 à seulement 5%. Les voitures « essence » aussi deviendraient symboliques dans le mix, alors qu’elles représentent pourtant encore 40% des immatriculations.

En 2030, la FEBIAC prévoit que 100% des voitures de société seront électriques, ce qui semble logique si l’utilisateur souhaite encore déduire quelque chose de ce gros poste financier. En revanche, ce que la projection montre aussi, c’est que les consommateurs particuliers ne seront pas du tout logés à la même enseigne. Et pour cause : leur réalité est tout autre. La FEBIAC pense que le parc roulant des particuliers restera fortement dominé par les modèles essence et Diesel. Pour rappel, le parc « particuliers » représente aujourd’hui 4 millions de voitures. Et la FEBIAC estime que seulement 500.000 de ces voitures seront électriques en 2030. Soit une voiture sur huit seulement.

Les raisons des particuliers

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Les raisons de cette différenciation ne sont pas à chercher très loin : lorsqu’on ne déduit pas une voiture, on doit la payer jusqu’au dernier euro. Et il n’aura échappé à personne que les voitures électriques sont sensiblement plus chères que leurs homologues essence ou Diesel. En outre, elles ne procurent pas (encore) la même flexibilité tandis qu’il faut aussi pour la plupart des utilisateurs prévoir un équipement à la maison pour la recharge. Le budget est donc plus que conséquent.

Pour la FEBIAC, il faut donc absolument que le gouvernement mette en place un incitant financier pour les particuliers. Sans subside en effet, le prix d’achat restera trop élevé. Et les particuliers se détourneront donc des voitures électriques, mettant à mal les projets de décarbonation des autorités.

Selon la FEBIAC, il faudrait donc mettre en place des aides gouvernementales, comme cela été fait en Flandre à une époque ou dans d’autres pays comme la France, la Norvège, etc. Il y a une vraie nécessité d’accompagner le changement et de ne pas faire reposer l’entièreté de la charge de l’avenir environnemental sur les citoyens qui ne disposent pas de voitures de fonction. Reste à voir maintenant quelle sera la réponse du gouvernement – s’il répond –, sachant de surcroît que les finances de l’État belge sont au plus mal. Mais ça non plus, ce n’est pas un scoop…

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