Lorsqu’on évoque les sportives françaises, on pense forcément à Alpine, à Venturi, voire aux 205 GTI et autres Renault R.S. Mais il y eut un modèle bien plus extrême que tous ceux-là durant la dernière décennie du 20ème siècle : la Mega Track.

V8, 20 pouces…

La Track est une supercar farfelue sortie de l’imaginaire des ingénieurs de la petite firme Mega. Celle-ci n’est autre qu’une filiale dédiée au « vraies » voitures du fabricant de sans-permis Aixam. Mais jusqu’alors, la marque se contentait de l’assemblage de la Club, une originale compacte à la carrosserie modulable en plastique construite sur base de Citroën AX.

Pour se faire un nom, les dirigeants Mega donnent leur feu vert à un projet de sportive de tous les superlatifs. La Track est un grand bébé de plus de 5 mètres de long (5,08 m) sur 2,2 de large. Et surtout, elle affiche une hauteur inhabituelle de 1,5 m, qu’elle doit à sa garde au sol généreuse et à sa suspension ajustable, chose rare à l’époque. Ses roues de 20 pouces étaient, parait-il, les plus grandes de la production automobile, et ont nécessité des pneus sur-mesure réalisés par Michelin.

Mega Track

Avec ses quatre roues motrices et son gros moteur V8 de 408 chevaux provenant de chez Mercedes, la Mega Track était capable de passer absolument partout ! Son architecture, mais aussi sa consommation donnée à plus de 20l/100km, laisse à penser que le constructeur voulait en faire la coqueluche des princes et des émirs du Moyen-Orient, pour s’amuser dans les dunes.

Cuisant échec

Produite dès 1992, la Mega Track fut un échec retentissant, notamment à cause de son prix de vente prohibitif : l’équivalent de 305.000€ ! Si ce tarif n’émeut plus personne aujourd’hui, il était, à l’époque, l’un des plus élevés de la planète, et supérieur à ceux pratiqués par les grandes Maisons réputées. Seuls 6 exemplaires furent finalement produits jusqu’en 2000, lorsque la marque se décida à enterrer définitivement la Track, dont 2 seraient toujours à l’usine.

Aujourd’hui Mega existe toujours : il s’agit de la branche « utilitaires » sans permis d’Aixam. Les temps ont bien changé…