Diesel

Voici pourquoi les voitures sans permis roulent au Diesel

Les voitures sans permis font naturellement partie de notre paysage automobile depuis des années. Cela dit, au-delà de leur caractère pratique, on se demande toutefois pourquoi celles-ci roulent au Diesel ? Et il y a une explication.

Écrit par David Leclercq | 25/11/2021

Le marché de la voiture sans permis, une expression qui n’est pas tout à fait exacte, est plus important qu’on ne le croit en Belgique. En effet, chaque année, ce sont plus de 500 de ces automobiles qui partent à l’assaut de nos routes et même déjà 676 voitures à la fin octobre 2021, soit une augmentation par rapport aux années précédentes (468 en 2020 et 535 en 2019).

Il faut dire que ces véhicules, dont la vitesse est limitée à 45 km/h, sont de plus en plus attrayants. Ils sont certes populaires auprès des personnes âgées, bien que la part du marché constituée par les parents d’adolescents soit en augmentation. Il s’agit de personnes qui préfèrent voir leurs enfants à bord d’une de ces voitures qui peuvent être conduits dès l’âge de 16 que sur un scooter.

Aixam voiture sans permis

Sur ce marché, c’est Aixam qui reste le leader incontesté avec 260 immatriculations en 2021. Si l’étudiant est devenu le nouveau public cible, il ne faut pas croire pour autant que le prix de ces petites automobiles est donné. En effet, il faut compter plus de 14.000 euros pour un modèle, même si une nouvelle concurrence à toutes les chances de changer prochainement la donne (voir plus loin).

Mais pourquoi des moteurs Diesel ?

voiture sans permis ligier

La surprise pour ces véhicules, c’est qu’ils sont tous ou presque équipés de moteurs Diesel. Une bizarrerie compte tenu de ce qu’ils effectuent un très faible kilométrage. En fait, pour comprendre, il faut revenir 40 ans en arrière, lorsque les premières voitures sans permis sont arrivées. Il était spécifié en effet que « la cylindrée des moteurs à allumage commandé » ne devait pas excéder 50 cm3. Une règle qui a entraîné de nombreux problèmes de fiabilité. Dès lors, les moteurs Diesel qui n’étaient pas à allumage commandé – puisque le carburant s’enflamme de lui-même en raison de sa compression – ont été progressivement adoptés.

Aujourd’hui, de nouvelles règles prévalent et notamment celle d’un moteur Diesel dont la cylindrée ne peut excéder les 500 cm3 (et c’est toujours 50 cm3 pour les « essence »). Deux motoristes se partagent le marché (l’italien Lombardini et le japonais Kubota) avec des moteurs qui affiche environ 8 ch et 20 Nm. Notons encore que la consommation n’excède pas les 2,5 ou 3 l/100 km, ce qui permet à ces micro-engins de parcourir plus de 500 km sans passer à la pompe.

Une évolution vers l’électrique

voiture sans permis au diesel

Ces dernières années, les voitures sans permis commencent à avoir de la concurrence de la part des grands constructeurs. En effet, la Renault Twizy a ouvert une brèche dans laquelle la petite Citroën Ami vient d’ailleurs de s’engouffrer. Et elle n’est pas la seule.

La force de ces modèles : pouvoir décliner une version sans permis et une avec permis (jusque 80 km/h), le tout avec l’argument d’une propulsion 100% électrique et celle d’un prix nettement inférieur. En effet, la Citroën par exemple à 9.500 euros et vise clairement les jeunes avec plusieurs déclinaisons de couleurs vives. Idem chez le constructeur espagnol Silence qui propose un modèle à 7.500 euros.

Comme indiqué ci-dessus, l’expression “voiture sans permis” n’est pas tout à fait exacte. En effet, ces véhicules appartiennent à la même classe de permis de conduire que les cyclomoteurs pour lesquels l’arrêté royal du 1er février 1977 stipule que le conducteur doit être en possession d’un certificat prouvant qu’il a réussi l’examen de conduite. 

L’âge minimum est donc de 16 ans (ou 18 ans si vous transportez un passager), et toute personne née après le 14 février 1961 doit être titulaire d’un permis de conduire AM (cyclomoteur). Seules les personnes nées avant cette date n’ont pas besoin de permis de conduire (d’où le terme), ce qui limite fortement le nombre d’utilisateurs sans permis.

À noter que les voitures sans permis doivent aussi impérativement être immatriculées depuis mars 2014, ce qui a largement facilité le travail des forces de l’ordre qui peuvent désormais aussi verbaliser ces véhicules pour des défauts de stationnement par exemple.

Partager l’article

En savoir plus sur

Newsletter

Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité.

D’autres ont également regardé