Les ventes de voitures électriques explosent… Mais pas toujours pour une bonne raison !

L’an dernier, 290.923 voitures électriques ont été immatriculées dans l’Union Européenne, soit pratiquement le double de l’année 2018 (+94%). Une véritable prise de conscience sociétale des automobilistes ? Pas seulement…

Les ventes de voitures électriques explosent… Mais pas toujours pour une bonne raison !

En ajoutant la Suisse, la Norvège et l’Islande aux chiffres de l’UE, ce sont au total quelque 365.372 voitures full-électriques qui ont été mises sur la route. Une augmentation de 81% par rapport à l’année précédente. Si ce chiffre est interpellant, un autre l’est encore plus : les 111.728 immatriculations de… Tesla ! Le constructeur américain représente à lui seul près d’un tiers du total des véhicules électriques livrés en Europe l’an dernier ! Une progression qui est bien sûr à mettre au crédit de la compacte Model 3, qui a contribué à elle seule à 95.168 immatriculations ; de quoi faire exploser les statistiques.

L’impact de la fiscalité

L’enrichissement de l’offre a également tiré le marché vers le haut : renouvellement de la Renault Zoé, lancement des Audi e-tron et Mercedes EQC, puis des Skoda Citigo-e iV et des Seat Mii Electric en fin d’année, etc. Mais l’autre facteur d’importance qui explique cet engouement est bien sûr la fiscalité douce dont profitaient ces modèles dans de nombreux pays ; plusieurs d’entre eux ayant annoncé leur intention de réduire les avantages dès cette année, poussant les clients à anticiper le changement de leur véhicule.

Rechute en 2020 ?

L’exemple le plus frappant vient des Pays-Bas, où la Tesla Model 3 s’est hissée en tête du marché (toutes motorisations confondues) plusieurs fois au cours des 12 derniers mois. Chez nos voisins, les voitures de société 100% électriques bénéficiaient d’une « taxe » réduite à 4% sur les modèles dont le prix catalogue était inférieur à 50.000€. Le montant de la « taxe » sera progressivement augmenté jusqu’à 22% en 2026 ! Résultat, Tesla n’a enregistré que 36 immatriculations en janvier contre… 12.120 un mois plus tôt ! Voilà qui pose de sérieuses questions sur les préoccupations réelles des acheteurs de ce genre de voitures.

En Norvège, locomotive du marché électrique en Europe avec 40% de ses immatriculations, l’exonération des 25% d’impôts sur le revenu dont profitent les électriques à batterie prendra fin en décembre prochain, un an plus tard que ce qui était initialement annoncé. Quant à la France, elle a également réduit ses primes à l’achat graduellement en fonction de la valeur catalogue du véhicule, avec un plafond à 60.000€.

Et chez nous ?

Chez nous, le gouvernement flamand a supprimé sa prime à l’achat de 4.000€ maximum le 31 décembre dernier également. Officiellement pour manque d’intérêt puisque seules 415 demandes avaient été introduites en 2018 sur les 3.500 VE immatriculés. Heureusement, les Flamands peuvent toujours compter sur une fiscalité réduite (pas de TMC ni de TC), tandis que Wallons et Bruxellois paient le tarif forfaitaire minimum (61,5€).

L’année 2020 qui promet d’être celle du véhicule électrique sera donc un test grandeur nature sur l’engouement réel du public pour la mobilité dite verte.