Le chiffre donne le tournis : la Chine a produit 34,5 millions de véhicules en 2025. C’est presque autant que les États-Unis, le Japon, l’Inde, l’Allemagne, le Mexique et la Corée du Sud réunis. Mais ce qu’on ne sait pas, c’est que ce chiffre ne s'explique plus seulement par les coûts de production. L’expertise est ailleurs : celle du logiciel.
Industrie - Page 3
En mission chez Geely à Hangzhou dans le cadre de la taskforce autour de l’usine Volvo de Gand, le ministre des Affaires étrangères belge, Maxime Prévot, revient de avec un message d'apaisement : Geely a été cordial et le « capital confiance » pour l'usine gantoise serait intact. Sauf que cordial ne veut pas dire engagé. Et le CEO de Volvo Cars, lui, a dit tout autre chose le même jour.
Depuis janvier, une taskforce pilotée par Bart De Wever (N-VA) travaille discrètement sur l'avenir de Volvo Car Gand. Autour de la table : cinq vice-Premiers ministres et le ministre-président flamand. Le dossier est politiquement lourd et industriellement, il n'y en a plus d'autre.
Un centre R&D à Munich, cinquante ingénieurs venus de BMW, Porsche, Lamborghini et Rolls-Royce. Pour commencer. La marque chinoise Xiaomi ne frappe pas seulement à la porte de l'Europe, elle s'y installe comme dans un salon. La méthode est connue, mais l'échelle, elle, est inédite.
En cette fin avril, c’est la grand-messe automobile de Pékin qui se déroule, le plus grand salon automobile du monde. Volkswagen y présente son premier modèle 100 % made in China. Un signe ? Car pendant ce temps en Allemagne, le groupe envisage une fois de plus de licencier et de laisser des industriels chinois produire dans ses propres usines. Volkswagen survivra-t-il à ce changement de cap ?
La Belgique n'a pas besoin de cours d'histoire industrielle. Avec les fermetures de Renault, Opel, Ford ou Audi, le pays a appris ce que le mot « restructuration » signifiait vraiment. Ce qui change aujourd'hui, c'est l'échelle. Ce n'est plus un pays. C'est un continent.
Les difficultés perdurent pour l’automobile européenne. Stellantis vient en effet de décider de stopper l'assemblage automobile d'ici 2028 dans l’usine de Poissy. Et, en parallèle, le groupe négocie pour ouvrir ses usines européennes sous-utilisées au Chinois DongFeng. Reconversion d'un côté, porte grande ouverte de l'autre : voilà un scénario qui dit beaucoup sur l'état réel du secteur automobile européen.
La nouvelle est tombée comme un couperet : Renault va supprimer jusqu'à 20 % de ses équipes d'ingénieurs au cours des deux prochaines années. On connaît le coupable : les constructeurs chinois qui sont capables de produire plus vite, moins cher et avec une maturité technique comparable.
Fin février, le patron de Honda, Toshihiro Mibe, visite une usine d’un fournisseur à Shanghai. Il est scotché : pas un seul humain dans le bâtiment. Sa réaction tient en cinq mots : « Nous n'avons aucune chance. » Un aveu qui dit tout sur ce que la Chine est devenue. Et qui sonne une fois de plus l’alerte...