Marché auto

Stellantis devient le leader du marché automobile européen

Les crises ont ceci de particulier : elles entraînent des renversements de situation inattendus. Comme le vol par Stellantis à Volkswagen de la première place de constructeur automobile européen. 

Écrit par David Leclercq | 22/11/2021

On le sait : le marché automobile est dans une mauvaise passe depuis la crise de la Covid. La situation ne résulte pas que des confinements, mais aussi des pénuries de puces autant que des hésitations du public par rapport au prochain choix à poser (électrique ou non).

Depuis 1990, l’Association des Constructeurs automobiles européens (ACEA) n’avait jamais enregistré un mois d’octobre aussi mauvais puisque seulement 798.693 voitures particulières ont été immatriculées (UK, Suisse, Islande et Norvège compris). C’est 29% de moins qu’en octobre 2020 et même 34% de moins que pour le mois d’octobre 2019.

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Une année 2021 encore pire ?

Si les 10 premiers mois de 2021 ont été meilleurs que 2020 (ce qui est normal aussi puisqu’il n’y a plus eu de confinement des enseignes automobiles), la tendance actuelle pourrait toutefois renverser la vapeur et rendre 2021 pire que l’année dernière. La France enregistre par exemple une baisse de 30%, l’Allemagne et l’Italie de près de 35%, ou encore l’Espagne avec une chute de 20%.

Et la Belgique ? Et bien, c’est aussi la catastrophe avec seulement 25.000 voitures vendues, soit une diminution de 35% par rapport à octobre 2020. Et ce n’est pas mieux sur les 10 premiers mois de l’année où la chute atteint les 9%.

Stellantis devant Volkswagen

VW HQ

Dans ce contexte, les cartes sont rebattues et la hiérarchie bousculée. En effet, le groupe Stellantis passe pour la première fois de son histoire en tête du marché européen devant l’ogre Volkswagen que rien n’a jamais semblé pouvoir arrête, pas même un Dieselgate.

Stellantis est toujours très affecté par la pénurie de puces. Le groupe franco-italien n’a d’ailleurs immatriculé que 165.866 véhicules. Cela dit, malgré cette situation, le groupe est parvenu à accrocher 20,8% de parts de marché, dépassant du coup le numéro un habituel, Volkswagen. Notons toutefois que cela se joue à une poignée de modèles, le groupe allemand ayant vendu 165.309 voitures.

Écran de fumée

Quoi qu’il en soit, s’il y a un nouveau gagnant, tout le secteur est largement perdant de cette situation. Y compris le groupe Stellantis qui est dans le rouge : la majorité des marques est en recul de 35% (Citroën, Opel/Vauxhall, lancia-Chrysler, Jeep), un chiffre qui est toutefois meilleur pour DS (-17%), mais pire pour Alfa Romeo qui a immatriculé moins de… 2.000 véhicules (- 45%).

Chez les autres constructeurs, c’est aussi la galère. Hormis Alpine et Lada qui progressent (mais sur des volumes très faibles), Renault chute de 36%. Et c’est aussi le cas de Dacia (-23%) qui, habituellement, cartonne. Les choses ne vont pas beaucoup mieux pour les Allemands : BMW dégringole de 22% et Daimler de 34%. C’est aussi le cas de Ford (- 41%), de Volvo (-22%) ou encore de Jaguar Land Rover qui signe le record du mois à – 42,8%.

Finalement, seul Hyundai se démarque avec une croissance insolente de 6,7%. Chez les autres constructeurs asiatiques, ça ne va pas bien non plus, que ce soit pour Toyota (-23%), Mazda (-18%), Nissan (-29%) ou Mitsubishi (-20%).

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