Sécurité routière

Les villes veulent interdire les SUV

Plusieurs villes essayent actuellement de bannir les SUV de leur centre. Les justifications sont diverses : ils sont trop grands, trop dangereux et trop polluants. Est-ce une approche justifiée ? Une ville est-elle en droit d’interdire purement et simplement aux SUV de circuler ?

Alain De Jong Alain De Jong | Publié le 26/01/2022 | Temps de lecture : 6 min

De nombreuses villes souhaitent rendre leur centre plus calme, voire d’y supprimer tout trafic de véhicules. Désormais, il est de bon ton d’utiliser les transports en commun ou les nouvelles formes de mobilité douce, comme le transport partagé, la marche, le vélo ou des trottinettes électriques. La marche à suivre – ou en tout cas celle conseillée ?

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Garer sa voiture sur un parking de délestage en périphérie de la ville, ce qui permet d’améliorer directement la qualité de vie et la santé des résidents du centre. Cela dit, aussi idéale soit-elle, ce type de transition nécessite une vision claire, mais aussi un laps de temps nécessaire pour assurer le changement afin que chacun puisse s’organiser tout en prenant conscience des bienfaits de cette nouvelle mobilité.

Des SUV uniquement pour les paysans ?

Range Rover Velar 2022

Il y a malheureusement toujours un décalage entre théorie et réalité et force est de constater que nos décideurs politiques prennent souvent des raccourcis en matière de mobilité. De ce fait, il n’est pas rare que des groupes d’usagers soient pris à partie. Et c’est ce qui s’est passé récemment – et se passe toujours – avec les possesseurs de SUV qui sont aujourd’hui accusés de tous les maux. Pour les politiciens, ces véhicules seraient tout d’un coup devenus trop grands, trop dangereux et trop polluants. Ils devraient donc disparaître.

Cette situation ubuesque a donné lieu à des déclarations étonnantes dans la presse du type « qui a vraiment besoin d’un SUV ? », « seules les personnes qui doivent conduire sur des chemins non revêtus en ont besoin, comme les forestiers ou les agriculteurs », ou encore « une étude européenne montre que les conducteurs de SUV respectent moins les enfants et qu’à leur volant les conducteurs sont plus agressifs ». Autre morceau de choix : « un conducteur de SUV l’achète pour sa propre sécurité, mais pas pour celle des autres ». Et enfin, « parce qu’un SUV est jusqu’à deux fois plus lourd, l’impact en cas d’accident est aussi deux fois plus sévère ».

Mais qu’est-ce qu’un SUV ?

Bref, ces véhicules sont donc véritablement diaboliques et ils doivent disparaître. D’accord, mais qu’est-ce qu’on considère exactement comme un SUV ? Car il n’y a aucune définition légale de ce type de véhicule. Les opposants le définissent comme un 4X4 très encombrant doté d’un moteur gourmand en carburant et, comme s’il n’existait que le Lamborghini Urus, très onéreux.

Lamborghini Urus Paris

Il est vrai aujourd’hui que les SUV et les crossovers sont nombreux sur nos routes. Ils représentent même désormais plus de la moitié des ventes de voitures. Mais cette situation est principalement due à l’évolution de la demande du marché et aux usages des consommateurs qui préfèrent un véhicule plus accessible du fait de sa hauteur et au look plus aventurier.

Mais la réalité est toute autre. Aujourd’hui, la grande majorité des SUV et des crossovers sont plutôt de taille réduite, ce qui n’impacte plus la consommation tandis qu’ils ne comptent aussi que sur deux roues motrices quand ils ne sont pas hybrides voire totalement électriques. Par exemple, un Volkswagen T-Roc n’affiche que 4,23 m de longueur, ce qui le rend plus court de quelques centimètres qu’une VW Golf (longueur de 4,28 m). En outre, le poids de ces deux mêmes modèles est similaire (1.350 kg environ), ce qui éteint toute critique de poids.

VW T-Roc bar

Augmentation du prix du stationnement pour les SUV

Dans certaines villes allemandes, le terme « SUV » est utilisé de manière plutôt populiste. Fribourg, par exemple, a instauré un prix de stationnement qui va croissant en fonction de la longueur du véhicule, de 4,21 à 4,7 m. Ce qui signifie donc aussi que les familles nombreuses quoi disposent d’un monospace ou d’un grand véhicule pour des besoins évidents sont impactées par un coût plus élevé. L’idée de « faire en sorte qu’un gros SUV ne puisse plus se garer en ville » laisse donc avec un goût amer.

Une situation similaire se manifeste aussi à Tübingen, où c’est un critère de poids fixé à 1,8 tonne qui détermine le prix – plus cher ou moins cher – du stationnement. Là encore, les monovolumes et les monospaces des grandes familles devront passer à la caisse. Mais pour combien de SUV considérés comme « décadents » ?

Tout ceci fleure à nouveau bon une nouvelle levée de taxe dont les automobilistes devraient s’acquitter. Au profit de la qualité de vie en ville ? Pas nécessairement, car rappelons que cette qualité de vie tout comme la sécurité sont au moins aussi dépendantes de l’infrastructure, de l’éducation et du contrôle du respect des règles par chaque usager.

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